Le chef des pompiers de Gironde, Marc Vermeulen, a fermement répondu ce jeudi 6 août 2026 aux accusations selon lesquelles sa caserne aurait abandonné la commune du Porge pour protéger le Cap Ferret lors du mégafeu dévastateur qui a frappé le département. Dans un entretien accordé au quotidien régional, il a assuré que « nous n’avons jamais abandonné Le Porge », tout en reconnaissant que la manœuvre a pu susciter une « incompréhension ».
Un mouvement de moyens logistiques, pas de détournement
Marc Vermeulen, directeur du Service départemental d’incendie et de secours (Sdis) de la Gironde, a expliqué que des moyens ont effectivement été déplacés vers Lacanau et Lège, sur la presqu’île du Cap Ferret. Cependant, il a précisé qu’il s’agissait de « médecins, de camions de carburant, de soutien sanitaire, etc. », et non de moyens de lutte contre le feu. « Il n’y a pas eu de détournement des moyens de lutte contre le feu », a-t-il martelé, chiffres à l’appui.
Cette précision intervient alors qu’une vive polémique a éclaté au Porge, une commune qui concentre 183 des 240 habitations brûlées dans l’incendie. De nombreux habitants estiment avoir été « sacrifiés » au profit des résidents et touristes du Cap Ferret, où des personnalités auraient décroché leur téléphone pour demander une protection prioritaire. Un collectif de sinistrés a d’ailleurs annoncé son intention de porter plainte.
« Aucune pression » des autorités
Interrogé sur ces rumeurs, Marc Vermeulen a balayé toute idée de pression : « Je ne suis pas mondain, ils n’ont pas mon numéro. Personne. Rien. Je vais plus loin : je n’ai reçu aucune pression » d’une « quelconque autorité, corps préfectoral ou élu », a-t-il insisté. Il a rappelé que sa priorité absolue était de sauver des vies, en particulier dans le « cul-de-sac » du Cap Ferret, où le feu arrivait par le nord. « Jusqu’à nouvel ordre, toutes les vies ont la même valeur », a-t-il affirmé.
Le directeur du Sdis 33 a également tenu à rappeler que la manœuvre ne visait pas à « protéger telle maison par rapport au revenu » de son propriétaire. « Oui, chaque maison brûlée est une maison de trop. J’entends les interrogations », a-t-il déclaré, avant de souligner que « selon une première étude, 90 % du bâti » menacé par l’incendie « a été préservé ». Il a également noté qu’« il n’y a aucune victime dans la population ».
Une réponse rapide au départ de feu
Marc Vermeulen a aussi répondu aux critiques concernant la gestion du départ de feu, survenu le 22 juillet à Saumos. Selon lui, le déclenchement a été signalé à 12 h 02, et les premiers pompiers – parmi 14 groupes prépositionnés dans le massif – sont intervenus 16 minutes plus tard, appuyés dans l’heure par des moyens aériens (un Dash puis quatre Air Tractor).
« On nous fait un procès injuste. Après la mort de nos camarades dans un bois à Mérignac (le 21 juillet), quand j’entends que l’on attend (le feu) sur le bord des routes, j’ai quelquefois du mal à garder mon calme », a lancé le contrôleur général. Il a assuré qu’« il n’y a eu aucune consigne de ne pas s’engager dans le massif. L’engagement des pompiers a été total. Mais au vu des conditions, le combat était inégal. Aujourd’hui, la forêt est une poudrière », a-t-il conclu.
Un mégafeu sous surveillance
Ce mégafeu, le plus dévastateur en France depuis 1949, est considéré comme « maîtrisé » mais reste sous surveillance étroite. Les pompiers continuent de surveiller les zones sensibles, tandis que les habitants du Porge et des communes voisines tentent de faire face aux conséquences. La polémique sur la gestion de la lutte contre l’incendie risque de nourrir encore les débats dans les semaines à venir.



