Une enquête sanitaire a été ouverte à Franconville (Val-d'Oise) après la découverte de trois cas de cancers pédiatriques au sein d'une même école élémentaire, a annoncé l'Agence régionale de santé (ARS) d'Île-de-France mardi 30 juin. Les trois enfants, âgés de 8 à 13 ans, ont été diagnostiqués entre 2019 et 2025 pour des tumeurs cérébrales et un lymphome. L'un d'eux, un garçon de 13 ans, est décédé en mars 2025.
Un cluster suspecté par les familles
La mère d'un des enfants, contactée par Le Monde, a déclaré : « Ce n'est pas normal de mourir à 13 ans d'un cancer. On nous a dit que c'était génétique, mais il n'y a aucun antécédent dans notre famille. » Elle soupçonne une cause environnementale, pointant du doigt une ancienne décharge industrielle située à moins de 500 mètres de l'école, fermée en 1990.
Selon l'ARS, une investigation épidémiologique a été lancée pour déterminer si ces cas excèdent le nombre attendu de cancers dans cette tranche d'âge. En France, l'incidence des cancers pédiatriques est d'environ 15 cas pour 100 000 enfants par an. Sur la seule commune de Franconville, qui compte 35 000 habitants, le taux attendu serait inférieur à un cas par an pour cette école.
Des analyses environnementales en cours
Des prélèvements de sols, d'air et d'eau sont en cours autour de l'école, a précisé l'ARS. Une étude historique des activités industrielles du secteur est également menée. La mairie de Franconville a demandé une réunion d'urgence avec les services de l'État. Le maire, Xavier Melki (LR), a déclaré : « Nous prenons cette situation très au sérieux. La santé des enfants est notre priorité absolue. »
L'école, qui accueille 280 élèves, a été construite en 1972 sur un terrain partiellement remblayé. Des habitants évoquent la présence passée d'une usine de traitement de métaux dans le quartier. L'association de défense de l'environnement Robin des Bois a demandé la réalisation d'un registre des cancers sur la commune.
Un précédent inquiétant
Ce n'est pas la première fois que des clusters de cancers pédiatriques sont signalés en France. En 2019, une enquête similaire avait été ouverte à Saint-Cyr-l'École (Yvelines) après six cas de cancers d'enfants. Aucune cause unique n'avait été identifiée, mais des pollutions aux solvants chlorés avaient été détectées dans les sols.
L'ARS a promis de communiquer les premiers résultats de l'enquête dans un délai de trois mois. En attendant, les parents d'élèves ont organisé une réunion d'information jeudi 2 juillet à la salle des fêtes de Franconville. « Nous voulons des réponses, pas des promesses », a déclaré un représentant de l'association de parents d'élèves.



