Une situation inédite de crue généralisée en France
Des riverains de la Garonne ont dû évacuer leurs domiciles par bateau à Tonneins, dans le Lot-et-Garonne, le 13 février 2026. Le fleuve est sorti de son lit après le passage de la tempête Nils, provoquant des inondations importantes dans la région.
Vigicrues alerte sur des sols saturés partout en France
Le samedi 14 février, Vigicrues, l'organisme public chargé d'informer sur les risques d'inondations, a déclaré que la France connaît une situation inédite de crue généralisée sur tout le territoire national. « Parce que tous les sols sont saturés partout », a précisé l'organisme. Sa directrice, Lucie Chadourne-Facon, a ajouté : « On a dépassé tous nos records ».
La Garonne atteint un plateau mais la situation reste précaire
Dimanche, la Garonne a atteint un plateau selon les préfectures de la Gironde et du Lot-et-Garonne. Cependant, le niveau de l'eau pourrait repartir à la hausse dans la semaine en raison de nouvelles intempéries annoncées. Les autorités restent vigilantes face à cette situation hydrologique exceptionnelle.
Le rôle du changement climatique dans les tempêtes
Françoise Vimeux, climatologue et directrice de recherche à l'Institut de recherche pour le développement (IRD), apporte des précisions importantes. Elle rappelle que les tempêtes violentes comme Nils ne sont pas nouvelles, mais que leurs impacts sont exacerbés par le changement climatique.
Cependant, sur la base des observations des dernières décennies, la scientifique note qu'on ne voit pas d'impact direct du changement climatique sur :
- Les tempêtes hivernales en France
- Leur fréquence
- Leur trajectoire
- L'intensité des vents qui les accompagnent
Une perspective historique nécessaire
La France connaît une succession d'événements extrêmes depuis plusieurs semaines, mais elle en a subi d'autres par le passé. Parmi les plus marquantes :
- Les tempêtes Lothar et Martin en décembre 1999
- La tempête Xynthia en février 2010
« Il n'y a pas de tendance de long terme qui permettrait de dire qu'il y a plus de tempêtes qu'avant, ou que les tempêtes sont plus violentes », explique Françoise Vimeux, même si des records de vent ont été enregistrés cette semaine.
L'importance des archives météorologiques
La climatologue met en garde contre un ressenti faussé par les alertes météo. Elle rappelle que la vigilance sur les tempêtes n'a été mise en place qu'en 2001. « Nous n'avons donc que 25 ans d'archives sur les alertes », précise-t-elle.
Elle ajoute : « S'il y avait eu des alertes en 1999, les tempêtes de l'époque auraient été classées 'rouge' et la comparaison avec ce qui se passe aujourd'hui serait relativisée ». Cette perspective historique est essentielle pour comprendre l'évolution réelle des phénomènes météorologiques extrêmes en France.



