Les personnes âgées seront exposées à des niveaux de chaleur intolérables bien plus élevés que prévu, selon une étude publiée ce mardi 18 août 2026 dans The Lancet Planetary Health. Menée par des chercheurs de l'université de Stanford, cette modélisation intègre des données actualisées sur les risques liés à la température humide, un indicateur clé qui combine chaleur et humidité. Les auteurs concluent qu'une « chaleur intolérable frappera beaucoup plus de gens qu'estimé auparavant, à une échelle bien supérieure et pendant des durées plus longues ».
Une étude alarmante sur les risques de chaleur pour les seniors
Les chercheurs de Stanford ont cherché à établir à quel point le réchauffement climatique exposera les personnes âgées à des températures intolérables d'ici 2100. Ce champ de recherche est déjà bien couvert, mais les précédentes études semblent avoir nettement sous-estimé les risques, car elles se basaient sur des connaissances en partie obsolètes. En cause, un indicateur crucial : la température humide, qui prend en compte non seulement le degré de chaleur, mais aussi l'humidité, car une même température est nettement plus dangereuse quand elle est associée à un temps plus humide.
Or, les risques liés à un niveau donné de température humide ont longtemps été mesurés sur des personnes jeunes et en bonne santé. Des recherches plus récentes, impliquant des personnes plus âgées, montrent que les dangers pour ces dernières avaient été sous-estimés.
22 % des plus de 60 ans exposés dès +1,5 °C
En intégrant ces nouvelles connaissances, puis en les croisant avec des modélisations prenant en compte le vieillissement attendu de la population mondiale, les auteurs ont conclu qu'une « chaleur intolérable frappera beaucoup plus de gens qu'estimé auparavant, à une échelle bien supérieure et pendant des durées plus longues ». À titre d'exemple, si d'ici 2100 le monde se réchauffe de 1,5 °C par rapport à l'époque pré-industrielle, 22 % des personnes de plus de 60 ans seront alors exposées chaque année à une chaleur dangereuse pendant plus d'un mois, selon ces modélisations dont les résultats restent dépendants de divers choix méthodologiques.
Cette étude prend une actualité particulière alors que l'Europe et l'Amérique du Nord vivent un été exceptionnellement chaud. La France, notamment, a été l'un des pays les plus frappés par des chaleurs anormales avec plusieurs canicules, dont l'une d'une ampleur sans précédent fin juin, pour une surmortalité estimée à plus de 6 000 décès.
Des mesures d'adaptation et de réduction des émissions nécessaires
Les auteurs soulignent que les pays les plus à risques sont ceux où de larges pans de la population n'ont pas les moyens de se protéger de la chaleur. Ils appellent à la fois à des mesures pour faciliter l'accès à des outils comme la climatisation, et à réduire les émissions de carbone.



