La vague de chaleur qui touche actuellement la France s'étend aussi à plusieurs pays d'Europe de l'Ouest, avec des températures exceptionnellement élevées pour une fin mai. Mardi, la France a enregistré un indicateur thermique national de 24,8°C selon Météo-France, après déjà 24,6°C lundi, établissant deux records successifs pour un mois de mai. Dans le même temps, le sud de l'Irlande a atteint 28,8°C, le Royaume-Uni a dépassé les 30°C et des températures comprises entre 36 et 38°C sont attendues cette semaine en Espagne.
Un épisode « totalement inédit » selon Météo-France
Météo-France décrit cet épisode comme « totalement inédit, historique et exceptionnel » pour cette période de l'année. Le prévisionniste Adrien Warnan a indiqué que des pointes jusqu'à « 38°C voire 39°C » pourraient être observées localement jeudi en France, ce qui serait « totalement inédit » pour une fin mai. Les températures dépassent actuellement de 10 à 15 degrés les normales de saison.
De nombreux records battus en France
Plusieurs records locaux ont été battus en France, notamment à Saint-Brieuc avec 31,9°C, Dinard avec 33°C ou Besançon avec 32,2°C. Des records de chaleur nocturne ont également été relevés, comme à Biarritz où la minimale a atteint 23,3°C. Météo-France évoque « des situations, qui même en plein été, sont parfois assez exceptionnelles », notamment en raison de nuits très chaudes qui compliquent le repos des organismes.
Origine et extension de la vigilance
Cet épisode est lié à un « dôme de chaleur », une zone de haute pression bloquant l'air chaud venu d'Afrique du Nord sur la France et l'Europe de l'Ouest. La vigilance orange canicule sera étendue mercredi à treize départements avec l'ajout des Deux-Sèvres, de la Charente, de la Charente-Maritime et de la Gironde. Plusieurs collectivités ont également renforcé les dispositifs d'accompagnement destinés aux personnes âgées ou isolées.
Les conditions de travail se dégradent
La chaleur commence aussi à peser sur les conditions de travail et les services hospitaliers. « Après 15 heures, ça commence à faire… c'est étouffant, on n'arrive pas à respirer », explique Abdel, intérimaire dans les travaux publics, dont l'équipe commencera désormais ses journées à 6 heures. Au CHU de Rennes, l'aide-soignante Katou Blaise estime que « ce n'est pas adapté du tout, ni pour les patients ni pour nous », évoquant un afflux de personnes âgées souffrant de déshydratation.
Conséquences et réactions gouvernementales
Selon la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon, cette vague de chaleur a déjà entraîné sept décès « liés directement ou indirectement à la chaleur ». La ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, a estimé qu'il s'agissait probablement « du premier d'une série » avant l'été. Une réunion interministérielle sur la canicule sera organisée jeudi par Sébastien Lecornu afin de faire le point sur la préparation des services de l'État.



