La canicule qui a frappé la France en juin 2026 a provoqué près de 3 000 décès supplémentaires en Île-de-France, soit le double de la normale saisonnière, selon un rapport de Santé publique France publié vendredi 17 juillet. L'agence sanitaire estime que 2 970 personnes sont mortes des suites de la chaleur extrême dans la région capitale entre le 15 et le 30 juin, contre une moyenne de 1 500 décès attendus sur cette période.
Un pic de mortalité sans précédent depuis 2003
Cette surmortalité est la plus élevée enregistrée lors d'un épisode caniculaire depuis la canicule historique de 2003, qui avait causé environ 15 000 décès en France. En Île-de-France, les températures ont atteint 42 °C dans certains endroits, avec des minimales nocturnes supérieures à 25 °C, rendant le rafraîchissement quasi impossible pour les populations vulnérables.
Les personnes âgées de 75 ans et plus représentent 72 % des décès, selon le rapport. Les nourrissons et les personnes souffrant de maladies chroniques ont également été particulièrement touchés. "Les chiffres sont alarmants et montrent que les mesures de prévention doivent être renforcées", a déclaré le Dr Anne Laporte, épidémiologiste à Santé publique France.
Des disparités territoriales marquées
L'analyse révèle des écarts importants au sein de la région : les départements de la Seine-Saint-Denis, du Val-d'Oise et de l'Essonne ont connu les taux de surmortalité les plus élevés, avec respectivement +130 %, +120 % et +115 % par rapport à la normale. En revanche, Paris intra-muros a enregistré une augmentation de 80 %, grâce à une meilleure accessibilité aux espaces climatisés et aux parcs.
Ces disparités s'expliquent en partie par des facteurs socio-économiques : les quartiers défavorisés, avec moins d'espaces verts et de logements mal isolés, sont plus exposés à la chaleur. "La canicule révèle les inégalités environnementales et sociales", souligne le rapport.
Un système de santé sous tension
Les services d'urgence ont été submergés, avec une augmentation de 40 % des appels au SAMU et une hausse de 25 % des passages aux urgences pour des pathologies liées à la chaleur, comme les coups de chaleur et la déshydratation. Les hôpitaux ont dû activer des plans blancs pour faire face à l'afflux de patients.
Le ministre de la Santé a annoncé une enquête pour évaluer l'efficacité des dispositifs de prévention, notamment les messages d'alerte et l'ouverture de salles climatisées. "Nous devons tirer les leçons de cette catastrophe pour mieux protéger les Franciliens lors des prochains épisodes caniculaires", a-t-il déclaré.
Les conséquences à long terme
Au-delà de la mortalité directe, Santé publique France s'inquiète des effets à long terme de la canicule sur la santé, notamment les maladies cardiovasculaires et respiratoires aggravées par la chaleur. L'agence prévoit de suivre les hospitalisations et les décès dans les mois à venir pour évaluer l'impact différé.
Cet événement s'inscrit dans une tendance de multiplication des vagues de chaleur liée au changement climatique. Selon Météo-France, les canicules pourraient devenir deux fois plus fréquentes d'ici 2050, rendant indispensable l'adaptation des villes et des systèmes de santé.



