Quelques secondes de vidéo ont suffi à faire ressurgir un souvenir encore vif. Diffusées sur les réseaux sociaux en juin dernier, des images tournées au restaurant festif La Guérite, sur l’île Sainte-Marguerite au large de Cannes, montrent des serveurs apportant des bouteilles escortées de ces fameuses bougies étincelantes (sparklers) qui ont tant fait parler ces derniers mois. La scène spectaculaire n’a pas échappé à l’interrogation de nombreux internautes, qui ont commenté : « On n’est pas passé loin d’un deuxième Crans-Montana », « Les gens n’ont pas compris » ou encore « On perpétue les catastrophes ».
Un paradoxe frappant sur une île à risque incendie
Le paradoxe est frappant : alors que les feux sont strictement interdits sur l’île Sainte-Marguerite en raison du risque d’incendie, ces sparklers continuaient d’être utilisés dans l’établissement. Le souvenir du dramatique incendie de Crans-Montana, qui a fait 41 morts en Suisse lors du Nouvel An, reste dans toutes les mémoires. Plus près de Cannes, l’été dernier, une jeune femme avait été grièvement brûlée lors d’un spectacle de feu à la boîte de nuit You, à Juan-les-Pins. Quelques mois auparavant, plusieurs clients du restaurant Le Caveau 30, à Cannes, avaient également été brûlés après l’embrasement d’une lampe décorative à l’éthanol.
Une commission municipale de sécurité en action
Après la diffusion de la vidéo, la commission municipale de sécurité de la Ville de Cannes s’est rendue dans l’établissement le 13 juillet. Cette visite s’est traduite par un rappel formel de la réglementation à l’exploitant, avec l’interdiction totale d’utiliser des bougies étincelantes. Sollicitée par Nice-Matin, la direction de La Guérite n’a pas répondu. La séquence de quelques secondes aura suffi à rappeler qu’après les drames récents, la question de la sécurité dans les établissements festifs reste plus sensible que jamais.
Des règles durcies depuis le drame de Crans-Montana
Interrogée sur la vidéo de La Guérite, la mairie de Cannes indique qu’elle n’a « attendu ni le drame de Crans-Montana ni la diffusion de cette vidéo pour agir contre le risque incendie ». En 2025, la commission municipale de sécurité a réalisé 224 visites d’établissements recevant du public. Depuis le début de l’année 2026, 122 contrôles, programmés ou inopinés, ont déjà été effectués. À la suite de l’incendie de Crans-Montana, la Ville a également lancé une campagne spécifique de prévention auprès des établissements de nuit cannois. Vingt-trois d’entre eux ont ainsi fait l’objet de contrôles et d’un accompagnement destiné à rappeler les obligations en matière de sécurité.
Une doctrine plus stricte du SDIS 06
La municipalité précise également que le SDIS 06 applique désormais une doctrine plus stricte. Les bougies étincelantes, feux d’artifice de table, lampes décoratives à l’éthanol et autres dispositifs pyrotechniques sont interdits dans tous les établissements diffusant de la musique amplifiée. Cette interdiction vaut aussi pour les espaces extérieurs couverts par des bâches, des vélums ou des dispositifs similaires, comme c’est le cas à La Guérite. La vigilance reste de mise pour éviter qu’un nouveau drame ne se produise.



