Algérie : une vague historique de feux de forêt frappe le nord du pays
Algérie : vague historique de feux de forêt

L’Algérie connaît depuis plusieurs jours une vague de feux de forêt d’une ampleur historique, principalement dans les régions montagneuses du nord. Selon la Protection civile, plus de 120 foyers sont encore actifs, et le bilan provisoire fait état d’au moins 40 morts et 200 blessés. Les zones les plus touchées sont les wilayas de Tizi Ouzou, Béjaïa, Bouira et Jijel.

Un déploiement massif des moyens de lutte

Les autorités algériennes ont mobilisé d’importants moyens aériens et terrestres : près de 8 000 pompiers, 500 camions-citernes et une vingtaine d’hélicoptères bombardiers d’eau sont engagés. L’armée a également été déployée pour soutenir les opérations. Le président algérien a décrété trois jours de deuil national.

Selon le ministre de l’Intérieur, Brahim Merad, « il s’agit de la pire saison des feux depuis l’indépendance ». Il a ajouté que les conditions climatiques exceptionnelles, avec des températures dépassant 48 °C et des vents violents, ont favorisé la propagation rapide des flammes.

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Des causes multiples et un contexte de changement climatique

Les enquêtes préliminaires évoquent plusieurs origines : des actes criminels, des négligences agricoles, mais aussi des conditions naturelles aggravées par le réchauffement climatique. L’Algérie subit une sécheresse persistante depuis plusieurs années, rendant la végétation particulièrement inflammable. Selon les experts, le nombre de feux de forêt a augmenté de 40 % en dix ans dans le bassin méditerranéen.

Les organisations écologistes locales appellent à une meilleure gestion des forêts et à la création de coupe-feu. Selon Greenpeace Algérie, « le manque de moyens de prévention et l’urbanisation croissante des zones boisées aggravent la situation ».

Un bilan humain et écologique lourd

Outre le nombre de victimes, les dégâts environnementaux sont considérables. On estime que plus de 10 000 hectares de forêt ont déjà été détruits, notamment des pins d’Alep et des chênes-lièges. Plusieurs villages ont été évacués, et des milliers d’habitants sont sans abri. Les autorités ont ouvert des centres d’hébergement d’urgence.

La communauté internationale a proposé son aide : l’Union européenne, la France et l’Espagne ont envoyé des avions bombardiers d’eau et des équipes de secours. L’Algérie a accepté l’aide de six pays pour lutter contre les incendies.

Les critiques sur la gestion de la crise

L’opposition et certains médias locaux critiquent la lenteur des autorités à réagir et le manque d’investissement dans la prévention. Le parti du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) a déclaré que « chaque été, c’est la même tragédie annoncée, sans mesures structurelles ».

Le gouvernement se défend en invoquant l’ampleur exceptionnelle des feux et les conditions climatiques extrêmes. Le Premier ministre a promis un plan de reconstruction et d’indemnisation des sinistrés.

Un phénomène répété mais cette fois hors norme

L’Algérie connaît chaque été des incendies, mais l’année 2026 marque un record par le nombre de foyers simultanés et la vitesse de propagation. Les experts prévoient que ces épisodes deviendront plus fréquents et plus intenses avec le réchauffement climatique, appelant à une adaptation urgente du pays.

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