Tempête de grêle à Antibes en 1971 : le désastre qui a ruiné l'horticulture
1971 : l'orage de grêle qui a anéanti les serres d'Antibes

Dans la nuit du mercredi 9 au jeudi 10 juin 1971, un violent orage de grêle s'est abattu sur l'est d'Antibes, épargnant le centre-ville mais ravageant les vastes serres horticoles du quartier de La Fontonne. Cet événement climatique d'une rare intensité a marqué un tournant dans l'histoire de la filière horticole antiboise, qui ne s'en est jamais relevée.

Un bombardement de grêlons dévastateur

Vers 4 heures du matin, une tempête de grêle comparable à celle qui a récemment frappé les Alpes-Maritimes a frappé la zone. Selon le journal Nice-Matin du 11 juin 1971, « pendant quelques minutes, près de 300 hectares de cultures subirent le bombardement meurtrier de plusieurs tonnes de grêlons ». Les dégâts furent immenses : 432 serres furent détruites, leurs vitres brisées en mille morceaux. Les cultures de roses, d'asparagus, d'œillets et autres fleurs furent hachées par les grêlons, dont certains pesaient jusqu'à 125 grammes, ainsi que par les éclats de verre. Près de 700 familles furent touchées par cette catastrophe.

Un déblaiement titanesque

Pour évacuer les 12 000 tonnes de verre brisé, il fallut mobiliser 1 000 hommes pendant dix jours, incluant horticulteurs, familles, employés municipaux d'Antibes et de Cannes, sapeurs-pompiers, demandeurs d'emploi et militaires de la Protection civile de Brignoles. Valéry Giscard d'Estaing, alors ministre de l'Économie et des Finances, intervint auprès du ministre de la Défense pour obtenir l'aide de l'armée. Au plus fort de l'entraide, près de 400 personnes, dont de nombreux harkis, participèrent aux opérations.

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Des conséquences économiques désastreuses

La majorité des horticulteurs n'étaient pas assurés. Les pertes furent estimées à plus de 20 millions de francs pour le verre et 20,5 millions pour les récoltes. Bien que les professionnels aient été exonérés de TVA sur l'achat de verre et de matériaux, et qu'une aide ait été sollicitée auprès du Fonds d'orientation et de régularisation des marchés agricoles, ces mesures furent insuffisantes. La cotisation collective au syndicat des horticulteurs, qui permettait de disposer d'un stock de verre d'avance, ne couvrit pas l'ampleur de la catastrophe. De nombreuses familles se déclarèrent en faillite et déposèrent le bilan.

La fin de l'âge d'or de l'horticulture antiboise

Affaibli par les intempéries et la concurrence, notamment des Pays-Bas, le secteur horticole antibois déclina inexorablement. Au début des années 2000, il ne restait qu'une poignée d'exploitations en activité. Aujourd'hui, la célèbre rose d'Antibes est presque tombée dans l'oubli. Cet orage de grêle de 1971 reste un souvenir douloureux pour les habitants et un exemple des ravages que peut causer un phénomène météorologique extrême.

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