Ce vendredi soir, au Yacht-Club de Toulon, une vingtaine de tortues caouannes ont rejoint la mer après presque deux mois d'incubation. Les premiers mouvements ont été observés à 19 h 39 précises sur le sable de l'anse Tabarly, là même où, le 15 juillet dernier, une tortue caouanne, espèce protégée, avait pondu en pleine nuit sous un catamaran.
Une émergence sous haute surveillance
Depuis l'installation du chemin d'accès vers la mer par les bénévoles de l'association Emergence, lundi 30 août, une surveillance avait été mise en place chaque soir, de 19 heures à 23 heures. Lorsque le sable a commencé à bouger, l'alerte a été donnée. Les bénévoles ont installé des bâches occultantes autour du périmètre afin de ne pas perturber le cheminement des tortues vers le large avec la lumière blanche. Tout le monde s'est équipé de lumières rouges et les flashs des appareils photo ont été proscrits.
Le comptage et le suivi jusqu'à l'eau ont commencé : 1, 2, 3, 8, 12… Cela n'en finissait plus, pour arriver finalement à une vingtaine de petits tortillons. Les quelques personnes présentes étaient émues. Les enfants, eux, étaient émerveillés de voir ces petits animaux, à peine longs de 3 centimètres, progresser droit devant eux avant de plonger naturellement dans la Méditerranée.
Une première dans la rade de Toulon
Pour Céline Moquet, du service Biodiversité de la Ville de Toulon, « c'est exceptionnel, car c'est la première fois que cela arrive dans la rade de Toulon ». Elle y voit aussi « la preuve que les conditions sont favorables ». Et se réjouit que « le processus soit allé jusqu'au bout ».
Cette éclosion est le fruit d'une mobilisation collective. Tout a commencé avec le gardien du Yacht-Club, qui avait découvert la tortue dans la nuit du 15 juillet. Les services de la Ville de Toulon, notamment la police municipale, ont ensuite sécurisé le site. L'association Emergence a assuré le protocole scientifique.
Un avenir incertain pour les tortillons
Quarante-cinq jours après la ponte, une vingtaine de tortues caouannes ont donc gagné la grande bleue. De cette couvée « Yacht-Club », seule une infime partie des tortillons devrait survivre, selon les experts. Dans une vingtaine d'années, les femelles qui auront atteint l'âge adulte pourraient revenir pondre à leur tour dans le même secteur.



