Les neuf villages du Pays de Fayence, placés en alerte sécheresse renforcée depuis le 6 août 2026, devraient surmonter l'été sans trop de difficultés, selon François Cavallier, maire de Callian et président de la communauté de communes. « Grâce aux pluies de l'automne et de l'hiver derniers, les nappes phréatiques s'étaient rechargées. C'est ce qui nous a permis d'encaisser l'été actuel, malgré une canicule interminable », a-t-il déclaré.
Un été sous tension mais maîtrisé
La préfecture du Var a allongé, lundi 17 août, la liste des communes du département placées en alerte sécheresse. Quatre-vingt-dix communes du Var sont en alerte sécheresse et douze en alerte sécheresse renforcée. Le Pays de Fayence fait partie de cette dernière catégorie depuis le 6 août. Malgré cela, François Cavallier se montre rassurant : « Le 15 août est derrière nous, on va passer le cap. D'autant plus que des pluies significatives sont annoncées pour cette fin de semaine. »
La situation est bien différente de l'été 2022, où le village de Seillans avait dû être approvisionné par camion-citerne et la consommation d'eau potable limitée à 100 litres par jour et par personne. « Les années 2022 et 2023 ont été une expérience fondatrice. Je ne dis pas que la population avait accueilli ces restrictions de gaieté de cœur mais, comprenant la situation, elle avait globalement joué le jeu », a expliqué l'élu.
Une prise de conscience durable
Les habitants du Pays de Fayence ont intégré le fait que l'eau ne serait plus jamais abondante comme avant. François Cavallier note la disparition de ce qu'il appelle des « excès provocateurs ». « Depuis la crise de 2022, on n'a plus constaté de consommation excessive d'eau – 5 à 10 m³ par jour ! – pour l'entretien de très grandes propriétés », a-t-il précisé.
Cette prise de conscience a permis à la population de mieux accepter le gel pour cinq ans des permis de construire sur l'ensemble de la communauté de communes. L'intercommunalité, qui rappelle sur son site internet que « l'eau ne coule plus de source », a mis l'urbanisme en pause pour préserver la ressource.
Inquiétude pour l'été prochain
François Cavallier sait que la situation reste fragile. « Il a fallu deux ans et demi pour que les nappes remontent à un niveau satisfaisant. Si on connaît à nouveau un automne et un hiver sec, on ne sera pas en mesure de faire face à un nouvel été caniculaire l'an prochain. On est déjà dans une course contre la montre », a-t-il averti.
Le Pays de Fayence, autrefois surnommé la « petite Normandie » pour ses vergers et ses cultures de plantes à parfum, doit désormais composer avec une ressource en eau de plus en plus rare. L'été 2026 est sur le point d'être surmonté, mais la menace d'une nouvelle pénurie plane déjà pour l'été 2027.



