Le boxeur biterrois Jaouad Belmehdi, surnommé le Bombardier marocain, a mis fin à des mois de silence. Dans un entretien accordé à Midi Libre, il revient sur sa défaite du 31 janvier pour le titre européen. Il explique avoir combattu avec une infection sévère sous l'aisselle du bras droit, une fièvre de 42 °C et un ganglion infecté qui a explosé la veille du combat.
Une infection sous-estimée avant le combat
Selon Belmehdi, l'infection est apparue environ un mois avant le duel. « Je ne pensais pas que c'était grave et j'ai continué à m'entraîner », confie-t-il. La semaine précédant le combat, lors de la perte de poids, le ganglion infecté a quadruplé de volume, provoquant une douleur intense. Dans la nuit précédant le combat, il a explosé et s'est vidé dans son bras, infectant celui-ci. « Je n'aurais jamais dû monter sur le ring », assure-t-il.
Interrogé sur les raisons de son choix de combattre malgré tout, le boxeur explique : « Cela faisait trois mois que je me préparais pour ce combat. Cela faisait plusieurs fois que ce titre m'échappait, personne ne voulait me boxer… Il était impossible que ce soit moi qui refuse le combat. J'ai été très bête. Mais je voulais tellement ce titre que j'y ai cru alors que c'était impossible. »
Un combat perdu d'avance
Dès le début du duel, Belmehdi n'avait ni force ni puissance. « Je n'avais pas de force et j'avais une grosse douleur. Plus je frappais, plus mon bras se gorgeait de sang et j'avais du mal à le bouger », raconte-t-il. Il précise que son adversaire n'est pas un frappeur, mais que son état de santé était tel que n'importe quel boxeur l'aurait battu. « J'étais tellement malade que j'aurais pu boxer contre n'importe qui, il m'aurait battu », ajoute-t-il.
Le boxeur justifie son long silence après la défaite : « À partir du moment où je suis monté sur le ring, il me fallait assumer. Sauf qu'ensuite, j'ai passé une période très difficile. Et maintenant, j'ai envie d'aller de l'avant, de me reconstruire. Je me devais donc de rétablir la vérité auprès des gens qui me suivent et ne m'ont pas reconnu sur le ring. »
Une reconstruction après l'opération
Après la défaite, Belmehdi a été opéré et n'a pas pu reprendre l'entraînement avant deux mois en raison de soins quotidiens. Il confie avoir été très abattu, mais que l'amour de la boxe l'a aidé à tenir : « La boxe, c'est toute ma vie, je n'ai fait que ça. J'aime tellement ça, c'est une drogue. Je ne voyais pas mon existence sans la boxe. »
Son prochain combat est prévu le 18 septembre à Metz, face à un adversaire anglais. Son objectif : retrouver le circuit international et gagner pour obtenir d'autres propositions. « Il n'y a que ça qui me stimule et qui me plaît », déclare-t-il. Quant au titre européen, il affirme : « Bien entendu ! Je n'abandonnerai jamais de la vie. »
Belmehdi vit désormais entre Béziers, sa ville, et Toulouse, où se trouve son club d'entraînement. Interrogé sur son surnom, il répond : « Ça, on le saura le 18 septembre. Mais j'espère. »



