Sécheresse dans le Var : la vigilance est un appel à la sobriété, selon la directrice de la Maison régionale de l'eau
Sécheresse dans le Var : la vigilance est un appel à la sobriété

Alors que la canicule persiste dans le Var depuis plusieurs semaines, Karine Viciana, directrice de la Maison régionale de l'eau à Barjols, n'est pas surprise de voir de nouvelles communes soumises à des restrictions. « Avec les vagues de chaleur successives, tout le monde, y compris la nature, augmente ses prélèvements. Assez logiquement, les nappes d'eau passent au-dessous des seuils », explique-t-elle.

Un effet pervers du premier niveau d'alerte

La spécialiste relève un effet pervers lié aux niveaux d'alerte pour la sécheresse, et plus particulièrement au premier niveau : la simple vigilance. « Lorsqu'un territoire est placé en vigilance sécheresse, c'est pour prévenir la population que le débit des cours d'eau commence à diminuer, que le niveau des nappes baisse. En d'autres termes, qu'il est temps de faire des économies d'eau pour éviter d'accentuer la crise », détaille-t-elle.

Ce message est visiblement mal compris. « J'ai remarqué que de nombreux particuliers font tout l'inverse. Au lieu d'adopter des gestes plus économes en eau, ils anticipent le passage au niveau alerte, celui où des premières restrictions vont être imposées, et vont avoir tendance par exemple à arroser davantage », témoigne Karine Viciana.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Un appel à la responsabilité partagée

« La vigilance est un appel à la responsabilité partagée, à la sobriété, à la solidarité de tous pour éviter que la situation ne s'aggrave », insiste-t-elle. Selon elle, la population doit apprendre à changer ses pratiques et adopter des gestes hydro-économes face à la récurrence des épisodes caniculaires.

Des pluies sont annoncées pour les prochains jours, mais la directrice de la Maison régionale de l'eau n'est étonnamment pas si enthousiaste à l'approche desdites précipitations. Elle s'en explique : « Bien sûr qu'on a besoin de pluie, mais il ne faudrait pas que des orages s'abattent sur le département. Après les incendies, la terre est à nu. Si des épisodes méditerranéens éclatent, les sols seront lessivés, ravinés. La végétation ayant brûlé, des glissements de terrain sont même à craindre. »

Actuellement, 90 villes sont concernées dans le département par les restrictions liées à la sécheresse, avec 15 nouvelles communes placées en alerte.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale