Muriel Robin et Anne Le Nen, en couple depuis 20 ans et réunies à l'écran dans la série de TF1 Master Crimes, ont acheté un pied-à-terre dans l'arrière-pays cannois il y a deux ans. Elles ont reçu Nice-Matin chez elles pour évoquer leur nouvelle vie, leur couple et le retour sur scène de Muriel Robin, prévu en novembre à Antibes. La quatrième saison de Master Crimes est actuellement en tournage.
Une vie sereine dans l'arrière-pays cannois
« On s'est rendu compte que cette maison cochait beaucoup des cases que nous voulions, un terrain de jeu complètement fou pour les randonnées, pour le sport, la mer, la montagne à proximité. Et l'Italie pas loin, on trouve sympa de pouvoir aller manger des pâtes en faisant une heure et demie de voiture », détaille Anne Le Nen. Pendant longtemps, le duo profitait de la Corse comme havre de paix. « Vivre sur une île, si on pense au médical, on peut avoir des inquiétudes, poursuit Muriel Robin. On y a vécu pendant 18 ans, on adorait, mais si vous avez un souci de santé, il faut pouvoir être pris en charge rapidement. Et puis vieillir, puisque l'on parle de ça un peu, c'est se rapprocher des centres médicaux. Et puis cette maison, on a eu le coup de cœur. C'était elle. »
Très casanières, les deux femmes confessent des petites habitudes : le marché de Mougins, les pépinières Sainte-Marguerite, le restaurant Le Paddock à Grasse, les îles de Lérins. « On a une vie plus sereine ici, moins stressée, tu as une luminosité reposante, créatrice », étaye Anne Le Nen. « C'est un terme animal mais on a besoin d'avoir une tanière, d'avoir un lieu où l'on crée nos souvenirs à deux, ça nous fait du bien de construire notre chez-nous. »
Une rencontre « comme une évidence »
Les yeux de Muriel Robin s'illuminent. « J'étais avec des amis et je devais aller dîner chez Jean Reno mais ils me disent d'attendre car Anne va arriver, ils me la présentent comme un sosie de Romy Schneider. On s'est vues, et c'était comme une évidence. Comme deux forces qui, petit à petit, s'attirent. » « Ce n'était pas un coup de foudre, poursuit Anne Le Nen, c'était plus lent, plus évident, on s'est vite revues, on était très complices. Muriel m'invite chez elle en Corse. » Une Muriel Robin si stressée de recevoir sa convive qu'elle en abîme tout le côté droit de sa nouvelle voiture en sortant de sa propriété. « Puis la vie a fait ce qu'elle devait faire, c'était écrit, en grosses lettres », selon Anne Le Nen.
Alors qu'Anne Le Nen adore la capacité de rédemption et de résilience de Muriel, son âme sœur lui reconnaît une « excellence dans de très nombreux domaines avec une belle âme, un cœur ». Au-delà de l'amour et du respect mutuel qui existent entre elles, il y a cette valeur cardinale du travail au-dessus de tout.
Un retour sur scène très attendu
Mis en scène avec la collaboration de Clara Guipont, le nouveau spectacle de Muriel Robin sera l'une des attractions de la rentrée. En partie écrit et mûri dans leur maison azuréenne, ce moment a longtemps terrorisé Muriel Robin. « Est-ce que j'avais encore quelque chose à dire ? Des choses utiles en tout cas. Ma signature, c'est joindre l'utile à l'agréable, s'il n'y avait pas de sens, je ne devais pas monter sur scène », confesse-t-elle. « J'avais une mécanique à mes débuts, une énergie, un rythme, mais je voulais faire autre chose car j'ai changé et j'ai écrit ce que j'avais sur le cœur car, en vrai, je me voyais très bien ne jamais remonter sur scène. »
Alors que les dates antiboises approchent, Muriel Robin se dit « curieuse » de se retrouver de nouveau sur scène. « C'est son meilleur spectacle, avance Anne Le Nen, fière. Le plus fort. Le plus drôle. Le plus émouvant, il y a quelque chose de civique. » C'est d'ailleurs un cheval de bataille de Muriel Robin : l'engagement. Ambassadrice de la Fondation des Femmes qui lutte contre les violences faites aux femmes, tout en se servant de sa notoriété pour porter des sujets sociétaux, comme lors de son interprétation de Jacqueline Sauvage en 2018 ou avec À la vie, à venir sur TF1 autour de l'alcoolisme, un démon que Muriel Robin a vaincu. « Je vois l'utilité de mon métier comme ça, porter des messages, faire avancer les choses, changer les lignes. »
Les 2, 3, 4 et 5 novembre, Muriel Robin sera sur la scène d'Anthéa, à Antibes, avec « Infiniment Robin », pour le rodage de son retour sur scène. Un retour très attendu, les quatre dates sont pleines. « Cela avait du sens de le faire à Antibes, c'était une évidence, c'est près de chez nous, idéal pour les répétitions, et la présence de Daniel Benoin à Anthéa, qui a été longtemps directeur de la Comédie de Saint-Etienne, ma région d'origine, ça me parlait », lance Muriel Robin.
Des projets artistiques et une marque de médailles
Touche-à-tout et immense fan de Rafael Nadal et de tennis, Anne Le Nen s'est lancée récemment dans une aventure un peu folle : des médailles avec la terre du court central de Roland-Garros. Une aventure prenante, qui a occupé l'artiste pendant neuf mois avant de livrer les premiers sésames lors de l'ouverture du Grand Chelem parisien en mai dernier, avec lequel un accord a été conclu pour trois ans. Voici la marque Ground Legend, qui s'est vite déclinée dans une version football avec l'herbe de Clairefontaine, alors qu'une version de la tour Eiffel est en préparation avec des copeaux de la peinture de la grande Dame de fer. « C'est une sorte de talisman moderne, déclinable à l'infini, aussi bien avec des lieux sportifs mythiques étrangers que spirituels. »
« J'étais une folle, un petit peu énervée, j'étais très encombrée par mes démons, par l'alcool, quand j'ai rencontré Anne. Et même si j'avais fait un travail personnel de mon côté, je n'aurais jamais surmonté tout ça sans elle. On est dans une forme de spiritualité, on est sur la même route, on s'est améliorées l'une grâce à l'autre », confie Muriel Robin. Honnête, Anne Le Nen confesse une envie, au début de leur relation, d'exister loin de l'ombre de sa médiatique compagne. « Je voulais faire les choses sans Muriel. J'avais peur qu'on m'y associe. J'avais peur des mauvaises langues qui allaient dire : “C'est facile pour toi”. Sans oublier notre particularité de couple, ce n'était pas forcément évident au début des années 2000 », concède Le Nen.
Avant de quitter le duo, difficile de partir sans mentionner le Molière d'honneur pour l'ensemble de sa carrière reçu par Muriel Robin à l'automne 2025 : « Au-delà de la récompense, c'est l'amour de la salle qui m'a renversée, bouleversée. J'ai vu des gens heureux pour moi. Pendant longtemps, j'avais le sentiment que lorsque je quittais une pièce, les gens disaient du mal de moi. Je me sentais infréquentable à une certaine époque. J'ai beaucoup travaillé sur moi, j'ai changé, et je remercie Anne d'être restée, d'avoir cru en moi, car à un moment de ma vie, j'avais honte de qui j'étais, je ne pouvais pas sortir de chez moi. »



