Réfuges thermiques : poissons et écrevisses ont leur planque anti-canicule
Réfuges thermiques : poissons et écrevisses trouvent leur planque

Face à la multiplication des canicules, les poissons et les écrevisses d'eau douce disposent de refuges thermiques naturels qui leur permettent de survivre aux épisodes de chaleur extrême, selon une étude publiée dans la revue Freshwater Biology. Ces zones, plus fraîches que le reste du cours d'eau, jouent un rôle crucial pour la biodiversité aquatique.

Des zones de fraîcheur indispensables

Les chercheurs ont identifié plusieurs types de refuges thermiques : les zones d'ombre créées par la végétation rivulaire, les apports d'eau souterraine ou de sources, et les zones profondes où l'eau reste plus froide. Selon l'étude, ces refuges permettent aux espèces de supporter des températures qui seraient autrement létales.

« Les poissons et les écrevisses se déplacent activement vers ces zones lorsque la température de l'eau dépasse leur seuil de tolérance », explique l'un des auteurs de l'étude. « Ces refuges sont vitaux, surtout pour les espèces déjà menacées par le réchauffement climatique. »

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Des comportements d'évitement observés

Les scientifiques ont suivi plusieurs espèces, dont la truite fario et l'écrevisse à pattes blanches, une espèce protégée en Europe. Ils ont constaté que ces animaux sont capables de détecter les différences de température de l'eau et de s'orienter vers les zones les plus fraîches. Ce comportement d'évitement est particulièrement marqué lors des vagues de chaleur, qui deviennent plus fréquentes et plus intenses.

L'étude souligne que la préservation de ces refuges est essentielle pour la survie des populations aquatiques. La dégradation des berges, la pollution et l'artificialisation des cours d'eau réduisent la disponibilité de ces zones de fraîcheur, augmentant la vulnérabilité des espèces face aux canicules.

Des recommandations pour la gestion des cours d'eau

Les auteurs recommandent aux gestionnaires de cours d'eau de protéger et de restaurer les habitats qui offrent des refuges thermiques. Ils suggèrent notamment de maintenir une végétation rivulaire dense, de préserver les zones de résurgence d'eau souterraine et de limiter les prélèvements d'eau qui réduisent les débits et augmentent les températures.

« La conservation de ces refuges est une mesure d'adaptation au changement climatique peu coûteuse et efficace », affirment les chercheurs. « Elle permet de maintenir la biodiversité aquatique et de soutenir les populations de poissons et d'écrevisses, qui sont également importantes pour les activités humaines comme la pêche. »

L'étude a été réalisée sur plusieurs cours d'eau en France et en Espagne, et ses résultats pourraient être appliqués à d'autres régions tempérées. Les scientifiques espèrent que ces travaux contribueront à intégrer la notion de refuges thermiques dans les politiques de gestion de l'eau et de conservation de la biodiversité.

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