Huit dauphins du parc Marineland d'Antibes, dans les Alpes-Maritimes, ont été transférés vers l'Espagne dans la nuit du lundi 22 au mardi 23 juillet, provoquant l'indignation des militants anticaptivité. Selon les associations, ce départ est perçu comme une « trahison » après des années de promesses de ne pas séparer les cétacés.
Un transfert organisé dans l'urgence
Le transfert a eu lieu de nuit, sous haute sécurité, pour éviter les manifestations. Les huit dauphins, dont plusieurs femelles et leurs petits, ont été transportés par camion jusqu'à un parc espagnol non précisé. La direction de Marineland justifie cette décision par la nécessité de respecter les nouvelles normes françaises sur la captivité des cétacés, entrées en vigueur en 2024, qui interdisent la reproduction et les spectacles. Le parc, qui doit fermer définitivement en janvier 2025, cherche des solutions de placement pour ses animaux.
Les associations de défense des animaux, comme One Voice et C'est assez, dénoncent un manque de transparence et une rupture des engagements pris envers le public et les militants. « C'est une énorme trahison. On nous avait promis que les dauphins resteraient en France, dans des sanctuaires adaptés. Au lieu de cela, ils sont expédiés en Espagne, dans des conditions que nous ne connaissons pas », a déclaré Muriel Arnal, présidente de One Voice.
Un avenir incertain pour les cétacés
Les dauphins transférés rejoignent d'autres cétacés déjà envoyés à l'étranger. En avril dernier, deux orques avaient été transférées au Japon. Les militants craignent que les animaux ne soient utilisés à des fins commerciales, malgré les interdictions en Europe. « Les parcs espagnols ne sont pas soumis aux mêmes contraintes que la France. On peut craindre le pire pour ces dauphins », ajoute Muriel Arnal.
Selon la direction de Marineland, le transfert a été réalisé avec l'accord des autorités françaises et espagnoles, et les animaux ont été suivis par des vétérinaires. « Nous avons agi dans l'intérêt des dauphins, en trouvant la meilleure solution possible dans un délai contraint », a indiqué un porte-parole. Le parc doit encore se séparer de ses autres animaux, dont des otaries et des phoques, d'ici la fermeture.
La colère des militants et des élus
Les militants ont organisé une veillée devant le parc, dénonçant une décision brutale. Des élus locaux, dont le maire d'Antibes, ont également exprimé leur mécontentement. « Nous avions demandé une table ronde pour trouver des solutions locales. Ce transfert est un camouflet », a déclaré le maire Jean Leonetti. Une pétition en ligne a recueilli plus de 50 000 signatures en quelques heures.
Les associations envisagent des recours juridiques pour obtenir des informations sur le sort des dauphins. « Nous allons saisir la justice pour exiger la transparence et le respect du bien-être animal », a conclu Muriel Arnal. Le combat contre la captivité des cétacés se poursuit, mais ce transfert marque un tournant amer pour les militants.



