À La Celle, le jardin à papillons du domaine de l’Escarelle fête ses dix ans d’aventure naturaliste
Le jardin à papillons de l’Escarelle célèbre dix ans de biodiversité

Un sanctuaire lépidoptère varois souffle ses dix bougies

À La Celle, dans le Var, le jardin à papillons du domaine de l’Escarelle célèbre une décennie d’existence. Depuis 2016, ce havre de paix, né de la volonté du propriétaire Yann Pineau en collaboration avec la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), accueille et protège pas moins de cent dix espèces de papillons, dont certaines emblématiques comme le Pacha à deux queues et le Machaon. Pour fêter cet anniversaire, la LPO propose une série de dix escapades nature de mai à août, invitant le public à découvrir la richesse de la biodiversité locale.

Un écosystème pensé pour les lépidoptères

L’aventure a débuté il y a dix ans par des inventaires naturalistes qui ont révélé une grande diversité d’oiseaux et de lépidoptères sur le domaine. « On a des parties très boisées, des grandes prairies fleuries ou vertes, de la falaise avec La Loube, et, de l’autre côté de la route, une petite ripisylve », explique Charlotte Springaux, chargée de mission à la LPO. Ces conditions idéales ont permis la création d’un jardin spécifiquement dédié aux papillons de jour, adjacent au conservatoire des vignes anciennes.

Le jardin offre aux papillons un espace complet pour leur cycle de vie :

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram
  • Des plantes mellifères comme la lavande, la bourrache, la valériane et le thym, avec des floraisons étalées pour assurer une alimentation continue.
  • Des plantes hôtes telles que le fenouil, la grande férule et l’ortie, essentielles pour la reproduction et le développement des chenilles.
  • Un point d’eau qui fournit des sels minéraux et attire d’autres animaux comme les libellules et les grenouilles.
  • Un potager pour satisfaire les besoins de certaines espèces spécifiques.

« On leur offre à la fois une zone de nourriture, de reproduction et de développement », souligne Charlotte Springaux. Les plantes, toutes locales, sont adaptées aux espèces, au sol et au climat, garantissant un environnement naturel et résilient.

Sensibilisation et actions concrètes pour la biodiversité

Au-delà de sa fonction de refuge, le jardin a une vocation pédagogique forte. Chaque année, quarante-quatre classes du département viennent découvrir l’univers des insectes et l’importance de la préservation de la biodiversité. « Les élèves apprennent de manière générale l’importance des insectes et les gestes pour les protéger », précise la chargée de mission.

Les visites guidées estivales, programmées du 6 juillet au 31 août, visent à informer le grand public sur les actions à mettre en place chez soi :

  1. Planter des espèces mellifères pour attirer les papillons.
  2. Créer un point d’eau dans son jardin.
  3. Pratiquer une fauche tardive et raisonnée.
  4. Participer à des bases de données citoyennes pour le suivi des populations animales.

« Pour le suivi des populations animales, on incite les gens à transmettre des données sur des bases participatives. Elles sont utilisées par les naturalistes et permettent d’orienter des mesures de conservation », ajoute Charlotte Springaux.

Dix escapades nature pour célébrer l’anniversaire

Pour marquer ces dix ans, la LPO a organisé dix escapades nature sur des thématiques variées liées à la biodiversité. Ces rendez-vous, ouverts à tout public, se déroulent au château de l’Escarelle et sont gratuits pour les moins de 10 ans, sur réservation auprès de l’office de tourisme Provence verte et Verdon.

Parmi les activités proposées :

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale
  • Samedi 2 mai : atelier sur les oiseaux des jardins avec construction de nichoirs.
  • Vendredi 22 mai : observation des papillons de nuit avec des dispositifs lumineux.
  • Vendredi 12 juin : découverte des chouettes et hiboux à travers les bruits de la nuit.
  • Mercredi 17 juin : initiation à la reconnaissance des papillons.
  • Samedi 27 juin : enquête sur les rapaces diurnes.
  • Mercredi 8 juillet : initiation aux libellules au bord de l’eau.
  • Vendredi 10 juillet : atelier de dessin naturaliste.
  • Lundi 20 juillet : enquête sur les pollinisateurs avec la méthode SPIPOLL.
  • Lundi 24 août : découverte des sauterelles et criquets.
  • Mardi 25 août : exploration du monde des chauves-souris.

Ces escapades, allant de 10 à 25 euros par personne, sont l’occasion de célébrer la biodiversité dans un cadre exceptionnel. « On invitera à écouter les bruits de la nuit, à s’initier au dessin naturaliste, à apprendre à reconnaître les principaux insectes du jardin », conclut Charlotte Springaux. Le Citron de Provence, l’Azuré du thym et le Souci seront de la fête, invitant tous les curieux à les rejoindre pour souffler ces dix bougies.