L'incendie qui a ravagé près de 5 000 hectares en Gironde en juillet 2026 a mis en lumière un danger jusqu'alors sous-estimé : l'exposition des sites industriels classés Seveso aux feux de forêt. L'Institut national de l'environnement industriel et des risques (Ineris) a estimé que 15 % des sites Seveso seuil haut – les plus dangereux – se trouvent à moins de 500 mètres d'une zone boisée.
Un incident évité de justesse
Le 22 juillet, les flammes ont atteint la périphérie d'un site Seveso à Cestas, forçant l'évacuation de 200 employés et la mise en sécurité des cuves de gaz. Selon la préfecture, l'intervention rapide des pompiers a évité une catastrophe. « Nous avons frôlé le pire : une explosion aurait pu contaminer toute la région », a déclaré le colonel des sapeurs-pompiers de la Gironde, Marc Dubois.
Des normes de protection insuffisantes
L'incident relance le débat sur les mesures de prévention. Actuellement, les sites Seveso doivent élaborer des plans d'urgence, mais peu intègrent un risque d'incendie forestier. « Les arbres peuvent servir de combustible et propager le feu aux installations, un scénario absent de nombreux diagnostics », souligne une étude de l'Ineris publiée en 2025. Cette étude recense 45 sites Seveso seuil haut situés dans ou à proximité de massifs forestiers en France métropolitaine.
Des conséquences économiques et écologiques
Au-delà de la sécurité, l'arrêt prolongé de l'usine de Cestas a perturbé l'approvisionnement en gaz de toute la Nouvelle-Aquitaine, avec un coût estimé à 12 millions d'euros par jour. Les rejets de substances toxiques dans l'air, bien que limités, ont suscité l'inquiétude des riverains. Des associations de défense de l'environnement réclament l'application du principe de précaution et un renforcement des distances de sécurité.
Des pistes pour l'avenir
Le gouvernement a annoncé la création d'un groupe de travail interministériel pour évaluer les risques. Parmi les pistes : l'obligation de débroussailler sur 200 mètres autour des sites, l'installation de systèmes d'alerte avancée, et la formation des équipes à la lutte contre les feux de forêt. « Il n'est pas question de supprimer des emplois, mais d'adapter nos industries au changement climatique », a affirmé Agnès Pannier-Runacher, ministre de la Transition écologique.



