La déforestation de l'Amazonie brésilienne a poursuivi sa baisse historique au cours de l'année écoulée, selon les données officielles publiées jeudi 8 août. Entre août 2023 et juillet 2024, la surface détruite a atteint 4 320 km², soit une réduction de 45,7 % par rapport à la période précédente. Ce chiffre, issu du système de surveillance par satellite Prodes de l'Institut national de recherches spatiales (INPE), confirme la tendance amorcée depuis le retour de Luiz Inácio Lula da Silva à la présidence.
Une baisse spectaculaire en deux ans
Ce niveau est le plus bas enregistré depuis 2015, et il représente une chute de 60 % par rapport à 2022, dernière année du mandat de Jair Bolsonaro. Sous la présidence de l'extrême droite, la déforestation avait atteint des sommets, avec plus de 10 000 km² détruits par an. Lula, qui a fait de la protection de l'Amazonie une priorité de sa campagne, a salué ces chiffres comme une preuve de l'efficacité de ses politiques environnementales.
« Nous avons inversé la courbe de la déforestation, et nous allons continuer dans cette direction », a déclaré le président brésilien lors d'une allocution à Brasilia. Il a rappelé son engagement à atteindre zéro déforestation illégale d'ici 2030, un objectif ambitieux mais que ces nouveaux chiffres rendent plus crédible.
Des actions concrètes sur le terrain
Cette baisse s'explique par une combinaison de mesures : le renforcement des opérations de contrôle menées par l'IBAMA, l'agence environnementale brésilienne, la suspension de l'enregistrement de nouvelles terres dans les zones à risque, et la création de nouvelles réserves indigènes. Les peuples autochtones, gardiens de la forêt, ont également bénéficié de protections accrues.
Selon les experts, la pression internationale et la menace de sanctions commerciales de l'Union européenne ont aussi joué un rôle. Le Brésil a d'ailleurs renforcé son système de traçabilité du bétail, afin de garantir que la viande exportée ne provienne pas de zones déboisées illégalement.
Des défis persistent
Malgré ces progrès, la déforestation reste préoccupante dans certaines régions, notamment dans les États du Pará et du Mato Grosso, où l'agro-industrie est puissante. Les scientifiques alertent sur le fait que la forêt amazonienne approche d'un point de non-retour, au-delà duquel elle pourrait se dégrader en savane, avec des conséquences désastreuses pour le climat mondial.
« Nous devons rester vigilants, car la pression sur la forêt demeure forte », a prévenu Mariana Silva, chercheuse à l'INPE. « La baisse est réelle, mais elle est fragile. Il faut consolider les acquis et étendre les zones protégées. »
Un signal positif pour le climat
Cette nouvelle intervient alors que le monde entier fait face à des vagues de chaleur et à des phénomènes météorologiques extrêmes. La forêt amazonienne absorbe environ 2 milliards de tonnes de CO2 par an, et sa protection est cruciale pour limiter le réchauffement climatique. La réduction de la déforestation au Brésil est donc un signal positif, mais les scientifiques rappellent que d'autres pays, comme la Colombie et le Pérou, doivent suivre le mouvement.
L'ONG Greenpeace a salué ces chiffres, tout en appelant le gouvernement brésilien à ne pas relâcher ses efforts. « C'est une victoire pour la forêt et pour le climat, mais il reste beaucoup à faire », a déclaré un porte-parole de l'organisation.



