Perrine Hoffmann, 26 ans, atteinte d'un cancer des ovaires de stade 3, prendra le départ des 100 km de Millau le 26 septembre 2026. Moins d'un an après son diagnostic, elle veut boucler l'épreuve en moins de 18 heures et lever des fonds pour trois associations de lutte contre le cancer.
Un pari fou après un diagnostic brutal
Le 29 août 2025, lors d'une échographie de contrôle pour son endométriose, les médecins découvrent des kystes dans ses ovaires. « J'avais une boule de billard dans l'ovaire droit et un Ferrero Rocher dans l'ovaire gauche », image-t-elle. A priori bénins, ils se révèlent être un cancer de stade 3 sur la table d'opération. Une deuxième opération lourde lui retire les ovaires et l'utérus.
Malgré la chimiothérapie et plusieurs opérations, Perrine Hoffmann s'accroche à la course à pied. « J'ai recouru un mois après qu'on m'a retiré les ovaires », raconte-t-elle. Mais les traitements ont des conséquences : « Je suis chimiquement ménopausée, et on sait que les hormones jouent sur les performances. Plutôt que de battre mon record de vitesse, j'ai décidé de battre mon record de distance. »
Un défi sportif et solidaire
Les 100 km de Millau, « la plus longue distance de ma vie », s'imposent comme une évidence. L'épreuve, dont la 54e édition aura lieu le 26 septembre, coïncide avec Septembre turquoise, le mois national de sensibilisation contre les cancers gynécologiques. « C'est l'équivalent d'Octobre rose pour le cancer du sein », souligne Perrine, qui veut dire « fuck au cancer ».
Elle a organisé une levée de fonds jusqu'au 31 décembre via l'association « 100 km contre le cancer ». « Tout l'argent récolté sera reversé à trois associations : CAMI sport et cancer, qui permet aux patients de faire de l'activité physique pendant leur traitement ; On est là, qui soutient les adolescents et jeunes adultes touchés par le cancer ; et Imagyn, pour les personnes atteintes de cancers gynécologiques. »
Un message d'espoir et des projets
Perrine Hoffmann adresse un message aux femmes atteintes de cette maladie : « Faire du sport, c'est très utile pour lutter contre le cancer. Bougez, faites de l'activité physique, ça réduit le risque de récidive de 40 % pendant les cinq ans qui suivent, c'est énorme ! » Elle alerte aussi sur les conséquences des cancers gynécologiques : « Souvent, on retire l'organe. C'est donc la perte de la maternité, une ménopause précoce… »
Ancienne ingénieure dans les énergies renouvelables, elle a trouvé dans la course un exutoire au stress. « La course m'a permis de décompresser et de sociabiliser », explique-t-elle. Elle a bouclé le marathon de Paris 2025 en 3 h 16. Violoniste « depuis toute petite » et membre de l'Association symphonique de Paris, elle passera son Capes en mars pour devenir professeure de mathématiques à la rentrée prochaine.
Le 26 septembre, à Millau, parmi les 1 500 participants qui devront boucler l'épreuve en moins de 18 heures, Perrine Hoffmann, « la petite jeune aux cheveux courts avec un maillot bleu et des paillettes », devra résoudre une nouvelle équation : courir 100 km contre le cancer.



