Dans un marché pourtant en berne, l'électrique tire son épingle du jeu. Les ventes de voitures électriques neuves ont bondi de 48 % au cours des quatre premiers mois de l'année en France, à 148.302 unités, dans un marché automobile en difficulté, a annoncé ce vendredi la Plateforme automobile (PFA), qui regroupe tous les constructeurs.
Un marché global en recul
En avril, les ventes de voitures neuves toutes motorisations confondues se sont élevées à 138.339 unités, un tassement de 0,26 % sur un an. Au total, les ventes atteignent 539.895 unités dans le pays depuis janvier, soit un recul de 1,6 % par rapport aux quatre premiers mois de 2025. Ce niveau global reste inférieur à l'avant Covid-19 : comparé aux ventes de voitures neuves d'avant la crise sanitaire, le marché est inférieur de 27,19 % à ce qu'il était lors des quatre premiers mois de 2019.
« Le mois d'avril est un petit mois, les ventes mensuelles atteignaient quelque 175.000 unités avant le Covid-19 », a souligné un porte-parole des constructeurs. « Depuis l'avant-covid, le marché s'est contracté d'un quart, ce qui équivaut à globalement 500.000 véhicules de moins par an », a-t-il ajouté. Les constructeurs pointent le retour de l'inflation et une croissance nulle au premier trimestre, malgré un rebond de la consommation des ménages enregistré en mars.
Progression significative de l'électrique, boosté par les voitures chinoises
Seule embellie notable, la « progression significative » des ventes de voitures électriques, dont la part de marché se stabilise à 26 % le mois dernier, selon la PFA. Elle s'accompagne d'une forte progression de la part des véhicules électriques chinois qui représentent 7 % de part de marché dans le véhicule électrique.
L'impact de la hausse des prix des carburants depuis le début de la guerre au Moyen-Orient pour le choix d'achat d'une voiture électrique n'est ni quantifié ni quantifiable encore dans les statistiques, a ajouté la PFA. « On ne pourra voir un effet qu'à compter des commandes enregistrées en avril qui seront connues en mai », a précisé le porte-parole de la PFA.
Les raisons de ce regain électrique
Les constructeurs attribuent le regain électrique à un rattrapage puisque les ventes 2026 se comparent à un début d'année 2025 en baisse, à une augmentation de l'offre des modèles électriques d'entrée de gamme (comme la Twingo de chez Renault) et à l'impact de la loi obligeant les flottes à s'électrifier. L'effet des mesures d'aide à l'acquisition de voitures électriques, via un « leasing social » portant sur 50.000 véhicules l'automne dernier s'est estompé, mais le gouvernement a annoncé un nouveau chapitre de « leasing social » pour 50.000 véhicules électriques supplémentaires attendu dans les prochains mois.



