Triathlons extrêmes : un Mentonnais cardiaque récolte des dons
Triathlons extrêmes : un Mentonnais cardiaque récolte des dons

Sur le haut du bras gauche, Stève Pondart arbore un Triskell inversé. Symbole de la guerre chez les Celtes, y compris intérieure. Écho à ses origines bretonnes, mais aussi aux nombreux pépins de santé auxquels il a dû faire face toute sa vie durant. Référence, enfin, au triathlon qui l’a aidé à tout surmonter. Car pour qui sait lire entre les lignes du tatouage, on y distingue à la fois la silhouette d’un coureur, d’un cycliste et d’un nageur.

Un diagnostic tardif

Pour comprendre l’attachement viscéral à cette discipline, il faut rembobiner. Remonter à 2010, quand Stève découvre qu’il est atteint d’une malformation cardiaque congénitale… à 40 ans ! Après avoir fait une série de quatre AVC. Le premier, c’était en Italie. L’ancien marin devenu capitaine a tout de suite compris ce qui lui arrivait en ressentant un « trou noir » à gauche. « Les médecins m’ont mis sous traitement et c’est parti. Mais ils m’ont dit de demander, à mon retour en France, une échocardiographie transœsophagienne. J’ai découvert à ce moment que je n’aurais jamais dû plonger. Sauf que je le fais depuis mes 7 ans… »

Le sport comme remède

C’est d’ailleurs par passion pour la plongée que le fils de pompier est entré dans la Marine. Rétrospectivement, Stève comprend qu’il n’aurait jamais dû être déclaré apte. « Quelqu’un m’a dit un jour que je n’étais pas un chat car j’ai déjà grillé mes sept vies », plaisante-il, installé sur une banquette du catamaran où il vit avec sa famille. À l’époque du diagnostic, Stève vit une « petite descente aux enfers ». Mais si l’on visualise l’expression, quand on touche le fond, on finit toujours par rebondir. Et le remède tenait en cinq lettres. Sport. Puis, progressivement, sport extrême.

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Les premiers défis

« En 2016, j’ai pu m’offrir un bon vélo. Dans le magasin, on m’a alors parlé du Natureman – un triathlon longue distance. C’était programmé trois mois plus tard, et je faisais 20 kg de plus qu’aujourd’hui… » Pas de quoi l’effrayer. L’année suivante, Stève s’engage sur quatre triathlons longue distance. Des épreuves de forçats qui fonctionnent en semi-autosuffisance. Sans postes de ravitaillement. Mais avec une contrainte : tout libérer sur son passage – notamment lors des transitions entre les sports – de manière à garantir un certain respect de l’environnement.

« Pour participer, on a besoin d’une équipe support. Pour le Swissman, mon père conduisait. Et ma femme, Delphine, assurait l’assistance. Elle a dû faire les neuf derniers kilomètres avec moi, soit 1 000 m de dénivelé positif. Nous sommes arrivés pile poil à minuit. Mais l’expérience était suffisamment agréable pour m’inscrire à d’autres triathlons extrêmes. » Le Celtman, entre autres. Sa course de cœur.

Pourquoi l’extrême ?

Pourquoi s’être tourné vers ces formats XXL ? Pour l’aventure, répond Stève sans sourciller. Et pour le partage. Avec sa femme et ses deux enfants. Mais aussi avec les concurrents, unis par un même état d’esprit. « Nous sommes une petite famille, avec une obligation d’entraide », résume-t-il. Illustrant aussitôt : lors de son deuxième Celtman, un participant a cassé son vélo. Un athlète local lui a prêté son deuxième… avant de casser, lui aussi, le sien. Et s’il n’a – en conséquence – pas pu finir l’épreuve, un prix d’honneur lui a été remis pour le fair-play.

Un nouveau cap en 2026

En 2026, Stève a souhaité changer de cap. Performer, oui, mais pour les autres. « Tout est parti d’un contrôle cardiaque l’an dernier, pour vérifier que ma prothèse ne bouge pas. Le cardiologue m’a remis les pieds sur terre. Sans me freiner pour les défis sportifs, mais en me rappelant tout ce que j’ai traversé. » C’est l’électrochoc. Grâce au responsable de la « No Finish Line », le Mentonnais est mis en relation avec l’association Mécénat chirurgie cardiaque, pour que ses efforts puissent se traduire par des dons.

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Afin de structurer les choses, Stève a créé sa propre association en début d’année : Au Cœur de l’extrême. L’argent récolté servira à financer l’opération d’enfants atteints de malformations cardiaques. Parallèlement, l’athlète espère sensibiliser sur le fait que même en France on peut passer à côté d’une pathologie comme la sienne. « Si on a un souffle au cœur, il faut savoir pourquoi. Cela m’aurait aidé qu’on aille plus loin quand on m’en a repéré un à 16 ans. Personne n’avait été touché dans ma famille. Au point que j’ai dit à ma mère que j’allais faire marcher le SAV ! », ironise l’athlète.

Les courses de 2026

Qui prendra part à trois courses, cette année, pour mobiliser : le Mercantour Man, dont le départ est prévu ce samedi à 5 h 30, de la Mala ; l’Ascend, en juillet – qui consistera à relier Lourdes au Tourmalet ; puis l’Icon, en septembre.

Objectif : financer une opération

« L’objectif de cette année, c’est de constituer une belle cagnotte. Le premier objectif qu’on a fixé est modeste : 3 000 euros. Mais l’idéal serait de réunir l’argent pour la prise en charge totale d’une opération : 12 000 euros », pose Stève. Bien déterminé à faire perdurer l’initiative dans le temps. Et à participer à beaucoup d’autres triathlons encore.

Un entraînement au quotidien

Comment s’entraîne-t-il à de tels défis de titans ? Tout simplement. « Le vélotaf ! Pour moi, tous les chemins mènent à… Monaco ! Quitte à faire un détour par la Madone. Je nage aussi avant d’aller bosser. Et je vais parfois en Principauté en courant. » Le but, alors, n’est pas de faire des longues distances. Mais bien d’assumer une régularité.

Pour éviter une nouvelle chute, Stève est suivi médicalement : kiné, cardiologue, somatopathe, naturopathe et médecin généraliste l’accompagnent. « En fonction de mes ressentis, on avise. Pour les pathologies, j’adapte. Je n’ai pas de restrictions en soi. Avec mes problèmes de rein, je sais juste que je dois boire beaucoup », dit-il. Précisant que lors des épreuves, un protocole médical est mis en place au cas où.

Accepter l’échec

« Et puis il faut accepter d’arrêter si ça ne le fait pas. Mon deuxième Celtman, j’ai dû abandonner sur blessure. J’avais le syndrome de l’essuie-glace. Mais l’échec fait partie du sport, même si c’est le plus dur. Parfois, c’est plus fort de franchir l’échec que de finir… »

Pour faire un don : https://coureursducoeur.relaisducoeur.mecenat-cardiaque.org/fundraisers/steve-pondart. Il est également possible de soutenir en adhérant (10 euros) ou en faisant un don à l’association. Contact par mail : contact.aucoeurdelextreme@gmail.com