Un choix de vacances dicté par la météo
Ce vendredi 10 juillet, alors que Bruxelles enregistre 30°C et Paris plus de 36°C, Corinne, une mère de famille belge, profite sereinement de ses vacances à Stockholm, en Suède, où le mercure ne dépasse pas 22°C. Pendant que son mari et ses enfants explorent la ville à vélo, elle prépare une croisière prévue l'après-midi. "Autant d'excursions que nous aurions dû annuler si nous étions partis dans le sud de l'Europe, où il fait actuellement entre 35 et 40°C. On a envie de bouger, de profiter, et de dormir sans étouffer dans la chaleur !", explique-t-elle.
Corinne n'en est pas à son premier voyage vers le nord. Depuis plusieurs années, elle choisit des destinations au climat plus clément : le Danemark, l'Islande, la Laponie ou encore la Finlande. Elle fait partie d'une tendance croissante : le "coolcationing", ou vacances au frais.
Un phénomène en pleine expansion
Selon une enquête récente de la Commission européenne, 76% des Européens considèrent le changement climatique comme un facteur important dans le choix de leurs destinations de vacances. Les pays nordiques, comme la Suède, la Norvège ou le Danemark, voient ainsi leur fréquentation touristique augmenter significativement. En 2023, le nombre de nuitées dans les hôtels suédois a augmenté de 8% par rapport à l'année précédente, selon l'Office du tourisme suédois.
Les voyagistes s'adaptent également. L'agence de voyages "Nordic Escape" a enregistré une hausse de 35% des réservations pour la Scandinavie en juillet 2024 par rapport à l'été précédent. "Les clients recherchent des températures entre 20 et 25°C, des activités de plein air et des nuits fraîches", indique son directeur, Lars Svensson.
Un impact économique et environnemental
Ce changement de comportement a des répercussions économiques. Les régions du sud de l'Europe, comme l'Espagne, l'Italie ou la Grèce, subissent une baisse de fréquentation durant les vagues de chaleur. En revanche, les pays nordiques voient leur économie touristique se renforcer. Cependant, le "coolcationing" n'est pas sans conséquence pour l'environnement : l'augmentation des vols vers ces destinations peut accroître les émissions de CO2.
Pour les touristes comme Corinne, l'avantage est clair : "On peut profiter de la nature, faire du vélo, du kayak, sans souffrir de la chaleur. Et on dort bien la nuit." Une tendance qui pourrait s'accentuer avec le réchauffement climatique.



