L'application Strava, conçue pour les sportifs, connaît un engouement inattendu chez les adolescents. Utilisée pour enregistrer leurs trajets à vélo ou à pied, elle devient un terrain de compétition numérique. « J'ai arrêté d'activer l'appli pour aller au lycée à vélo, j'arrivais tout en sueur », confie Lucas, 16 ans. La pression de la performance pousse certains à rouler plus vite, quitte à arriver épuisés en classe.
Une quête de reconnaissance
Sur Strava, chaque activité est chronométrée et comparée à celle des autres utilisateurs. Les adolescents y voient une façon de gagner en popularité. « C'est comme un jeu vidéo, mais en vrai », explique Chloé, 15 ans. Les segments de route deviennent des challenges où il faut battre des records. Certains n'hésitent pas à emprunter des itinéraires dangereux pour gagner quelques secondes.
Les risques de la compétition
Cette course aux performances n'est pas sans conséquences. Des jeunes arrivent en cours trempés de sueur, fatigués, et parfois en retard. « J'ai failli avoir un accident en évitant une voiture pour ne pas perdre mon record », raconte Mathis, 17 ans. Les parents s'inquiètent de cette obsession pour les statistiques. « Il regarde son téléphone toutes les cinq minutes pour voir s'il a été dépassé », témoigne une mère.
Les spécialistes alertent sur les dérives. « Strava crée une pression sociale qui peut mener à l'épuisement ou à des comportements à risque », explique une psychologue. L'application, pourtant bénéfique pour la santé, devient source de stress chez les plus jeunes. Les établissements scolaires commencent à prendre des mesures, comme interdire l'utilisation du téléphone pendant les trajets.
Une tendance à encadrer
Pour éviter les excès, certains parents imposent des limites. « On a fixé des règles : pas de compétition le matin, et on regarde les résultats ensemble le soir », raconte un père. Des groupes d'adolescents créent des défis collectifs, mais sans enjeu de vitesse. « On fait des balades tranquilles, on prend des photos, c'est plus sympa », dit Sarah, 14 ans.
Strava n'est pas un problème en soi, mais son utilisation par les ados nécessite un accompagnement. Les concepteurs de l'application pourraient intégrer des options de sécurité ou des rappels pour limiter la compétition. En attendant, les jeunes apprennent à doser leur effort, entre plaisir du sport et pression des pairs.



