Repas à 1 euro dans les Crous : une généralisation qui inquiète
Repas à 1 euro dans les Crous : généralisation inquiétante

Une mesure historique pour le pouvoir d'achat étudiant

« Je n’ai pas un énorme budget pour vivre, je venais environ une fois par semaine manger au Crous, mais là clairement à un euro le repas, c’est imbattable ». Étudiante en sciences de la vie à Bordeaux, Juliette, comme tous les étudiants, bénéficiera dès lundi du repas à un euro dans les restaurants universitaires.

Cette mesure, réclamée par les organisations étudiantes, a été intégrée au budget 2026 comme une concession du gouvernement aux députés socialistes. Le repas à un euro dans les restaurants gérés par les Centres régionaux des œuvres universitaires et scolaires (Crous) existe déjà, mais uniquement pour les étudiants boursiers et en difficulté financière. Les autres étudiants payaient jusqu’à présent 3,30 euros - ils avaient bénéficié provisoirement des repas à un euro pendant le Covid.

50 millions d’euros alloués en 2026

Alors en quête d’un compromis sur le budget 2026 pour éviter la censure, le Premier ministre Sébastien Lecornu avait annoncé en janvier plusieurs mesures en faveur du pouvoir d’achat réclamées par le Parti socialiste, dont le repas à un euro.

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Pour 2026, 50 millions d’euros sont alloués, pour compenser le manque à gagner - le coût réel d’un repas est d’environ 8 à 9 euros –, recruter des agents et investir dans le matériel de restauration. En plus des 7 500 agents qui travaillent dans les quelque 800 points de vente, les Crous pourront recruter 204 emplois équivalents temps plein (ETP), un chiffre calculé sur une affluence de 12 % d’étudiants non boursiers en plus.

Insuffisant pour Raymond Rivière, secrétaire fédéral de la CFDT et représentant syndical au Crous d’Amiens-Picardie. Il dénonce une « intensification du travail » des agents.

Risque de saturation

Le plus grand défi, c’est le « risque de saturation », que ce soit au niveau de la capacité d’accueil, de la quantité de repas à servir, des files d’attente, de la zone de stockage disponible, a rappelé la présidente du Cnous, Bénédicte Durand, lors d’un déplacement au restaurant universitaire « l’Amazone », de l’université de Bordeaux à Talence. À cause des emplois du temps, plus de 50 % des passages en caisse au niveau national ont lieu entre 12 heures et 13 heures, alors que les files d’attente sont déjà fréquentes devant les Crous et le personnel parfois sous tension.

« Le public boursier, pour moi, reste un public prioritaire. Je pense qu’il faut vraiment veiller […] à ce qu’il n’y ait pas d’effet d’éviction des boursiers », avait insisté lors d’un déplacement en Seine-Saint-Denis en février le ministre de l’Enseignement supérieur Philippe Baptiste. Il visitera lundi le Crous d’Amiens.

En 2025, les structures gérées par les Crous ont servi plus de 44 millions de repas (+ 1,4 % par rapport à 2024) dont la moitié au bénéfice des étudiants boursiers et précaires. Cette généralisation du repas à un euro, au mois de mai, intervient en période creuse. Les prochaines semaines pourraient servir de test avant la rentrée universitaire à l’automne, lorsque la fréquentation est plus élevée.

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