Un rapport pointe du doigt la persistance des emballages plastiques dans les supermarchés
Bouteilles d’eau reines des rayons, légumes emballés, recul du vrac… Le plastique « reste omniprésent » dans les supermarchés, leurs « efforts » n’étant « pas à la hauteur des enjeux », dénoncent les associations Que Choisir Ensemble (ex-UFC Que Choisir) et No Plastic In My Sea dans un rapport publié mardi. Les deux organisations ont enquêté du 7 au 21 février dans 1 659 magasins affiliés à 11 enseignes (E.Leclerc, Carrefour, Intermarché, Coopérative U, Auchan, Lidl, Aldi, Monoprix et les spécialistes du bio Biocoop, La Vie Claire et Naturalia), dont la plupart ont également répondu, « souvent » partiellement, à un questionnaire.
Alors que la loi Antigaspillage pour une économie circulaire, promulguée en 2020, impose la fin progressive des emballages plastiques à usage unique à horizon 2040, leur réduction de 20 % prévue dès fin 2025 par rapport à 2018 n’a pas été atteinte, estiment les auteurs du rapport, distinguant toutefois les magasins bio, « en avance ».
La vente des bouteilles d’eau a augmenté
En première ligne, les eaux et boissons en bouteille, best-sellers des grandes surfaces, comptent pour « près de 40 % des plastiques à usage unique ». Preuve de leur succès intarissable, les ventes d’eaux embouteillées ont même augmenté de 3,3 % en 2025, selon des données de Circana citées par le rapport, alors que la loi Agec prévoit une réduction de 50 % des bouteilles plastiques à horizon 2030.
Au rayon fruits et légumes, l’étude s’est notamment focalisée sur les pommes de terre, oranges, pommes, carottes et tomates. Dans les magasins traditionnels, 60 % de ces produits « non fragiles » et non bio sont vendus emballés, majoritairement sous plastique, une part qui grimpe à 91 % pour leurs homologues bio, dont la moitié sous plastique. En outre, les ONG dénoncent la « tendance émergente néfaste » consistant à vendre des légumes et fruits frais prédécoupés. Autres griefs, le « net recul » du vrac, le recours encore « embryonnaire » au réemploi des emballages ou encore la persistance de mauvaises pratiques de suremballages.
2030 dans le viseur
Le rapport formule une série de recommandations à l’adresse des distributeurs, comme l’abandon des plastiques inutiles ou la priorisation des actions de réduction et de réemploi sur les eaux et boissons, et du gouvernement, notamment la sanctuarisation des objectifs de la loi Agec. « Ce qui compte ce n’est pas la photographie à l’instant T mais la tendance à la baisse » du plastique et les « efforts déployés » par le secteur pour être au rendez-vous en 2030, plaide Philippe Joguet, directeur développement durable à la Fédération du commerce et de la distribution (FCD).



