Le microbiote intestinal, cet ensemble de près de 40 000 milliards de bactéries, virus, parasites et champignons non pathogènes, joue un rôle crucial dans notre santé. Installé dans l'intestin grêle et le côlon, il participe à la digestion, renforce l'immunité et influence même notre santé mentale. Un déséquilibre, appelé dysbiose, est associé à des pathologies comme l'obésité, les maladies inflammatoires chroniques de l'intestin ou des troubles neuropsychiatriques. Mais comment préserver cet allié précieux ? Voici les conseils du Dr Julien Scanzi, gastro-entérologue.
Une alimentation riche en fibres et en produits fermentés
Le premier levier pour chouchouter son microbiote est l'alimentation. Il faut limiter les aliments ultratransformés et les excès de sucre, qui sont délétères. À l'inverse, privilégiez les fibres présentes dans les fruits, les légumes, les céréales complètes, les légumineuses, les oléagineux et les graines. Ces végétaux nourrissent les bonnes bactéries intestinales. Les aliments fermentés comme les yaourts, le kéfir, le kombucha, la choucroute ou les légumes fermentés sont également recommandés, car ils apportent des micro-organismes vivants bénéfiques.
Des astuces simples pour enrichir son microbiote
Certains choix alimentaires simples peuvent faire la différence. Par exemple, consommer des bananes peu mûres apporte davantage d'amidon résistant, une fibre qui nourrit le microbiote. De même, laisser refroidir des pommes de terre, du riz ou des pâtes après cuisson augmente leur teneur en amidon résistant. Inutile de chercher des produits spécifiques : un yaourt nature ou des féculents bien choisis suffisent.
Les boissons à privilégier
Évitez les sodas, riches en sucre et additifs. Les jus de fruits, bien que moins transformés, sont souvent pauvres en fibres. Préférez les fruits entiers ou des boissons fermentées comme le kéfir ou le kombucha.
Hygiène de vie : activité physique, sommeil et gestion du stress
L'alimentation n'est pas seule en jeu. Une activité physique régulière, un sommeil réparateur et une bonne gestion du stress sont bénéfiques pour le microbiote. À l'inverse, la sédentarité, le stress chronique et le manque de sommeil lui nuisent.
Faut-il prendre des probiotiques ?
Dans une situation normale, avec une alimentation variée et équilibrée, les probiotiques ne sont pas nécessaires. Ils sont utiles pour pallier les effets des antibiotiques. Des souches comme Saccharomyces boulardii et Lacticaseibacillus rhamnosus GG sont recommandées pendant et après une cure d'antibiotiques pour limiter les diarrhées et préserver le microbiote.
En attendant les avancées de la recherche, chacun peut agir au quotidien pour préserver son microbiote et sa santé.



