Diagonale des fous : 28 porteurs et 4 pilotes en joëlette, une aventure réussie
Diagonale des fous : 28 porteurs et 4 pilotes en joëlette

L'équipe de l'association Canal de vie, composée de 28 porteurs et quatre pilotes de joëlette, dont le Monégasque François Poirier, a bouclé la Diagonale des fous, le célèbre ultra-trail de l'île de la Réunion, ce dimanche 18 octobre. Au terme de quatre jours d'efforts, du 15 au 18 octobre, aucun abandon n'a été enregistré, et l'aventure a été marquée par une forte charge émotionnelle.

Une aventure humaine et sportive hors norme

François Poirier, président de l'Association sportive monégasque de joëlette (ASMJ), a confié avoir été submergé par l'émotion après la course : « C'est à la fin que j'ai tout lâché, quand j'ai compris que cette réussite allait me faire avancer dans mes projets à Monaco. On en sort grandi, il fallait le vivre au moins une fois. » L'équipe était mobilisée pour rendre hommage à Loïc Liber, survivant de l'attentat de Montauban en 2012, dont la marraine est la princesse Caroline.

Des conditions difficiles et des passages dangereux

Partis jeudi 15 octobre depuis le front de mer de Saint-Pierre, les participants ont traversé des champs de cannes à sucre sous les encouragements d'une foule « impressionnante », selon François Poirier. Dès le lendemain, l'équipe s'est attaquée aux reliefs les plus exigeants de l'île, avec les cols du Taïbit et des Bœufs. Vers 4 heures du matin, éclairés par des lampes frontales, le groupe a parcouru plus de 40 kilomètres sous la pluie, le vent et le brouillard. « C'était vraiment du costaud, on est passé par des sentiers vraiment difficiles », a-t-il ajouté.

Les porteurs ont dû faire preuve d'une « vigilance permanente » par rapport aux trailers classiques. Certains tronçons ont été franchis à moins de 2 km/h avec des harnais pour sécuriser la joëlette et les pilotes. « À un moment, on a été obligés de s'accrocher à une ligne de vie pour passer entre deux falaises. À gauche et à droite, on est dans le vide », a illustré François Poirier, qui a confié que « 50 fois pendant le parcours, je me suis dit que c'était dangereux et me suis demandé comment on allait passer ».

Une cohésion sans faille jusqu'à l'arrivée

« Il a fallu être forts mentalement pour toujours garder le sourire et transmettre de bonnes émotions aux pilotes que l'on a accompagnés », a souligné le porteur. Les pilotes Saïd, Gabriel, Jonathan puis Manon ont pu découvrir des paysages hors du commun. « Quand ils nous disent : "Sans vous, jamais je n'aurais pu vivre ça", c'est ce qui nous motive à continuer », a-t-il ajouté. Le groupe est resté soudé jusqu'au bout, bouclant l'aventure sans aucun abandon. Parmi les porteurs, trois étaient eux-mêmes en situation de handicap : un coureur en situation de cécité, un ayant un handicap au niveau du plexus brachial, et un ayant une amputation tibiale.

L'équipe a finalement rallié Saint-Pierre le dimanche après avoir parcouru les derniers 28 kilomètres du tracé adapté aux joëlettes. L'arrivée, après les trailers, s'est effectuée sous les acclamations d'un public très nombreux. « C'est vraiment un événement ultra-fédérateur pour toute l'île », a décrit François Poirier.

Des projets pour l'avenir

Habitué à courir des distances allant de 50 à 80 kilomètres, François Poirier envisage désormais de franchir le cap des 100 kilomètres. « Ce que j'ai appris sur la Diag' va me servir ici, je vais pouvoir aller là où je ne m'engageais pas, et proposer aux pilotes de nouveaux parcours », a-t-il expliqué. L'expérience nourrit aussi des ambitions communes avec l'association Canal de vie, qui imagine déjà de nouveaux défis pour les mois à venir suite à cette réussite.