Claude François Junior de retour sur la Prom' de son enfance. À la table de Nicole de La Petite Maison, dans le Vieux Nice, l'ambiance est aux confidences et aux saveurs locales. Pour Claude François Junior, revenir à Nice, c'est un peu rentrer à la maison. « J'ai vécu ici de 5 à 23 ans », confie-t-il entre deux petits farcis et une salade d'artichauts. « La meilleure qu'il ait jamais dégusté, sourit-il, avec celle de la plage Keller à Antibes ! »
Entre les bancs du CIV à Sophia-Antipolis et les souvenirs des roches rouges du Trayas, l'aîné du clan Cloclo garde, à 57 ans, l'accent du cœur pour cette Côte d'Azur que son père aimait tant. « Pour lui, la région, c'était l'enfance, le soleil. Quand il était en tournée, il s'installait au Martinez et rayonnait tout autour. »
Une croisière pour redonner vie à l'insouciance des seventies
Mais cette fois-ci, si « Coco » (son surnom) est à Nice, c'est pour parler d'avenir et d'une expérience qui redonne vie à l'insouciance des seventies : la troisième édition de la Croisière Claude François, du 11 au 18 octobre 2026. Une croisière qui débutera au départ de Marseille et fera escale successivement à Barcelone, Cagliari, Rome, Palerme et Savone, avant de revenir dans la cité phocéenne.
L'idée est née d'un flash : « Un ami me parlait du concept de 'La Croisière s'amuse'. J'ai tout de suite vu le potentiel pour le répertoire de mon père. Jusqu'ici, le seul rendez-vous annuel, c'était le 11 mars au cimetière de Dannemois (Essonne). C'est un peu glauque, non ? » Le répertoire de Claude François, il est vrai, est davantage une machine à danser, un hymne à la fête, qu'une invitation à la mélancolie.
Le succès est immédiat, et plus de 83,3 % des croisiéristes souhaitent renouveler l'expérience. Sur le Costa Smeralda, fleuron propulsé au gaz naturel liquéfié, 400 privilégiés s'apprêtent à vivre une semaine hors du temps. Attirés par le concept au moins autant que par la perspective du périple en mer, plus de 53 % des passagers n'avaient jamais fait de croisière, explique Claude François Junior : « Leur moteur, c'est un mélange des deux, l'envie de s'immerger dans l'univers de l'icône comme le voyage. On voit des duos mères-filles, des fans de la première heure qui retrouvent leurs 15 ans. En conférence ou au blind-test, ça hurle comme en colonie de vacances ! »
Alain Chamfort en invité d'honneur et les Clodettes
Cette année, l'invité d'honneur s'appelle Alain Chamfort. Une présence symbolique, car c'est Claude François qui, sous le label Isabelle Musique, l'a poussé à chanter ses propres compositions. « Alain proposera un spectacle intimiste, Le meilleur de moi-même. Il raconte son parcours avec élégance, loin de la caricature du patron tyrannique qu'on a parfois dépeinte. »
La rigueur, cependant, est bien là. Sur le navire, les Clodettes Dani et Prisca encadrent des séances de coaching danse. « Voir 400 personnes exécuter les chorégraphies originales de manière parfaitement synchro, c'est surréaliste », confie Claude Junior. Et Yannick Bons, le sosie référence, assure le show avec six danseuses, respectant au millimètre l'énergie débordante de l'idole.
Un phénomène qui défie les statistiques
Quarante-sept ans après sa disparition, les chiffres autour de Claude François donnent le tournis : 70 millions de disques vendus (dont la moitié depuis son décès) et 40 millions de streams annuels. 1 milliard de vues pour le spot publicitaire Le Loup mal-aimé utilisant un de ses tubes, et un artiste N°1 des clubs depuis 20 ans avec le titre Alexandrie Alexandra.
Pour son fils, ce n'est pas qu'une question de nostalgie. « Mon père travaillait comme un acharné, avec une quête d'excellence proche de celle d'un Michael Jackson. Ses productions étaient organiques, sans machines. C'est pour ça que ça ne vieillit pas. » Et au-delà de la technique, il y a l'âme. Dans une époque qu'il juge « morose », Claude François Junior voit en son père un exemple de résilience. « Des jeunes viennent me voir pour me dire qu'ils trouvent en lui un référent, une force. Le répertoire survit parce qu'il a une fonction de réconfort. C'est une interaction d'énergie pure. »
De Lisbonne à Nice : la quête de la lumière
Installé à Lisbonne depuis 2016 pour fuir la grisaille et trouver une douceur de vivre proche de ses racines azuréennes, Claude François Junior gère ce patrimoine avec une bienveillance mêlée d'exigence. Que ce soit pour l'album de M. Pokora ou le show des 4000 choristes à l'Accor Arena qui a eu lieu en 2025, il veille au grain : « Je leur ai dit : 'Mon père chantait comme un Noir, ne faites pas de la musique de Blancs... mettez-y du swing !' »
Alors que le déjeuner s'achève, on l'interroge sur sa chanson préférée. Il cite Les anges, les roses et la pluie, un titre méconnu, avant de s'enflammer pour la complexité d'Alexandrie Alexandra. « C'est un ovni. » Un ovni qui, de Nice à Lisbonne et de la terre à la mer, n'a pas fini de faire briller les yeux et les dancefloors.
La Croisière Claude François est proposée à partir de 1390 euros en occupation double en cabine intérieure. Renseignements sur le site www.lacroisiereclaudefrancois.fr. Le Costa Smeralda fonctionne au GNL, réduisant les émissions de soufre et de CO2.



