À Sancerre, Catherine Corbeau-Mellot défend le rosé comme un vin de gastronomie
Catherine Corbeau-Mellot : le rosé, un vin de gastronomie

Dans le vignoble de Sancerre, réputé pour ses vins blancs à base de sauvignon blanc, Catherine Corbeau-Mellot, propriétaire du domaine Henri Bourgeois, mène un combat singulier : faire reconnaître le rosé comme un vin de gastronomie. Elle estime que cette appellation, souvent reléguée à l'apéritif ou aux grillades estivales, mérite une place à la table des grands repas.

Un rosé d'exception pour changer les mentalités

Le domaine Henri Bourgeois produit un rosé de prestige, le « Rosé de Sancerre », issu de pinot noir. Avec une production limitée à 10 000 bouteilles par an, ce vin se distingue par sa complexité et sa capacité à vieillir. « Notre rosé est travaillé comme un rouge : il subit une macération de 24 heures, puis un élevage en fûts de chêne pendant six mois », explique Catherine Corbeau-Mellot. Selon elle, ce processus confère au vin une structure et une profondeur qui le rendent apte à accompagner des plats élaborés, comme un filet de bœuf ou un homard.

Un défi face aux préjugés

La vigneronne doit faire face à des préjugés tenaces. En France, le rosé représente 30 % de la consommation de vin, mais il est souvent perçu comme un vin simple et peu sérieux. « Les sommeliers eux-mêmes hésitent à proposer du rosé pendant un dîner gastronomique », déplore-t-elle. Pour changer cette perception, elle organise des dégustations comparatives avec des blancs et des rouges de la région. « Nous montrons que notre rosé peut rivaliser en complexité avec un sancerre blanc ou un pinot noir de Bourgogne. »

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Un marché en pleine expansion

Le rosé de Sancerre bénéficie d'une demande croissante, notamment à l'export. Les États-Unis et le Royaume-Uni sont les principaux marchés, avec une hausse de 15 % des ventes en 2025. « Les consommateurs étrangers sont plus ouverts d'esprit que les Français », note Catherine Corbeau-Mellot. Elle espère que cette tendance finira par influencer le marché domestique. Le domaine Henri Bourgeois réalise 40 % de son chiffre d'affaires à l'export, dont une part significative grâce au rosé.

Une reconnaissance en cours

L'appellation Sancerre produit environ 20 % de rosé, contre 70 % de blanc et 10 % de rouge. Mais la qualité progresse. En 2025, le « Rosé de Sancerre » du domaine Henri Bourgeois a obtenu une médaille d'or au Concours Général Agricole de Paris, une première pour un rosé de la région. « C'est une victoire symbolique, mais il reste du chemin à parcourir », confie Catherine Corbeau-Mellot. Elle milite pour que les guides gastronomiques et les restaurants étoilés intègrent davantage le rosé dans leurs cartes des vins.

Une philosophie de terroir

Pour Catherine Corbeau-Mellot, le rosé n'est pas une mode, mais une expression du terroir. « Le pinot noir de Sancerre donne des rosés minéraux et fruités, avec une belle acidité. C'est un vin qui a une identité propre », insiste-t-elle. Elle prône une approche artisanale et respectueuse de l'environnement. Le domaine Henri Bourgeois est certifié Haute Valeur Environnementale (HVE) et pratique la lutte raisonnée. « Nous voulons produire un vin qui reflète notre terroir, tout en étant durable », conclut-elle.

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