Blocage du détroit d'Ormuz : l'ONU tire la sonnette d'alarme
Selon l'ONU, 45 millions de personnes sont menacées par la faim si cet axe vital pour l'économie mondiale reste bloqué. Si le blocage du détroit d'Ormuz se poursuit, 45 millions de personnes sont menacées par la faim, a prévenu, lundi, le chef d'un groupe de travail de l'ONU, Jorge Moreira da Silva, alertant sur le risque d'une crise alimentaire mondiale. Après la guerre en Ukraine, les agriculteurs font face à une deuxième flambée des prix des engrais en quatre ans, cette fois en raison de la guerre déclenchée par les États-Unis et Israël contre l'Iran.
Le rôle clé du Qatar
En riposte à cette attaque, l'Iran a fermé le détroit d'Ormuz, axe essentiel du transport mondial d'hydrocarbures et d'engrais, conduisant nombre d'agriculteurs à revoir à la baisse leurs plans de plantation et mettant ainsi en péril la production alimentaire. Les approvisionnements en urée, un engrais azoté, en provenance de la plus grande installation de production mondiale, au Qatar, ont, en effet, été interrompus, tandis que d'autres flux clés ont été réduits.
Toujours pas d'accord en vue
Les négociations entre les États-Unis et l'Iran étaient dans l'impasse lundi après que le président américain Donald Trump a qualifié dimanche soir de « totalement inacceptable » la réponse iranienne à la proposition de Washington destinée à mettre fin à leur conflit. En l'absence d'avancées dans les pourparlers, le détroit d'Ormuz reste de facto fermé, ce qui maintient la pression sur les cours du pétrole. Attendu ce mercredi à Pékin, Donald Trump entend faire pression sur la Chine pour qu'elle use de son influence afin d'amener Téhéran à conclure un accord avec Washington. Depuis le début de la guerre le 28 février, les prix des engrais ont donc fortement augmenté, l'urée enregistrant la plus forte hausse, en raison de la perte d'environ un tiers des volumes mondiaux échangés, habituellement exportés depuis le Golfe.
Des effets en cascade
Ces tarifs exponentiels sont hors de portée pour nombre de producteurs. Ce qui ne sera pas sans conséquences. Les engrais azotés comme l'urée, indispensables chaque saison, influencent, en effet, directement les rendements et la qualité, notamment la teneur en protéines du blé. En France, le gouvernement français a appelé, lundi, la grande distribution et les industriels à entamer un « dialogue » constructif « au cas par cas » pour répercuter les hausses de coûts (engrais, énergie, emballages, carburant…) sur les prix alimentaires. Mais, surtout, comme une issue au conflit reste toujours incertaine deux mois après le début des hostilités, analystes et professionnels du secteur redoutent une crise d'approvisionnement mondiale plus sévère que celle qui a suivi le début de la guerre de la Russie contre l'Ukraine. Selon Shawn Arita, de l'université d'État du Dakota du Nord, la pénurie actuelle est désormais « bien plus grave ».



