Beaulieu-sur-Dordogne : la fraise, reine d'un village d'exception
Beaulieu-sur-Dordogne : la fraise, reine du village

Beaulieu-sur-Dordogne, un village au charme méridional

Beaulieu-sur-Dordogne, en Corrèze, fait partie des Plus Beaux Villages de France. Son climat presque méridional favorise les vergers, et la fraise y est reine. La fête de la fraise, qui aura lieu le 10 mai, est une belle occasion de découvrir ce lieu enchanteur.

Une histoire riche depuis le IXe siècle

C'est au IXe siècle que Rodolphe de Turenne, homme d'Église et amateur d'immobilier, repéra le potentiel de ce « bellus locus » (beau lieu). Il confia ses terres à des moines pour y bâtir une abbaye, bientôt rattachée à l'ordre de Cluny. Beaulieu, avec son gué sur la Dordogne, était une zone frontière propice aux échanges entre la Xaintrie et le Quercy.

Le transport fluvial et les fruits

La Dordogne était naviguée depuis le haut Moyen Âge sur des gabares de toute taille, construites dans les gorges en amont. À Spontour, au pic du trafic vers 1860, on fabriquait près de 400 gabares par an. Elles transportaient le merrain et la carassonne, bois destiné aux barriques et piquets de vigne du Bordelais, ainsi que des châtaignes et des fromages d'Auvergne. Aux périodes de grosses eaux, les gabariers partaient en convoi jusqu'à Libourne ou Bordeaux en cinq à huit jours. Parfois, ils remontaient par les chemins de halage avec du sel, des épices, du vin, du café et du poisson séché. Le plus souvent, les gabares finissaient en bois à brûler en Gironde.

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Le train et l'essor de l'industrie fruitière

Le train mit fin à ces aventures au XIXe siècle, mais contribua à l'essor du commerce et de la transformation des fruits. Jean Gervoson créa après-guerre un petit négoce de confiture à Biars-sur-Cère, qui devint la société Andros. Dans les années 1960, l'entreprise transformait les fruits de quelque 200 producteurs de la « Riviera limousine ». Aujourd'hui, Andros est un empire avec les marques Andros, Bonne Maman, Mamie Nova, Pierrot Gourmand, présentes dans plus de la moitié des foyers français.

Des producteurs locaux passionnés

Ludovic Pagès cultive ses fraises en plein champ, sur de la paille et sous des arceaux, sans autre traitement que le fumier de ses brebis. Il se lève à 6 heures pour cueillir à quatre pattes et à la frontale les fruits qu'il vend au marché de Beaulieu le mercredi ou de Bretenoux le samedi. Sa clientèle apprécie la qualité. En 2025, la récolte a été belle pour la fête de la fraise : il a ramassé 120 plateaux de rubis des jardins, maras des bois, muranos et favoris.

Ludovic Pagès est convaincu que les circuits courts sauveront l'agriculture. Même Andros y revient, en voulant lui acheter un pré pour un verger expérimental. Il participera à la 34e Fête de la fraise le 10 mai.

D'autres producteurs bio comme Jean-Loup Crépin-Leblond, à Queyssac-les-Vignes, vendent glaces et confitures bio l'été près de la chapelle des Pénitents. Camille Devineau, aux Terres d'Aquí, à Puy-d'Arnac, sera également présente.

La fête de la fraise : une tradition gourmande

La première édition eut lieu le 20 mai 1989. Ce fut un tel succès que l'année suivante, l'idée de faire la plus grande tarte aux fraises du monde émergea. EDF conçut un four spécial pour cuire ce gâteau de 7 mètres de diamètre, nécessitant 716 kg de fraises, 100 kg de confiture et 80 kg de nappage. Le pâtissier Gaston Lenôtre apposa son écusson, et le Livre Guinness homologua le record. On découpa 5 000 parts. Aujourd'hui, la tarte géante fait toujours partie des animations.

Les trésors de Beaulieu-sur-Dordogne

Pendant la fête, la chapelle des Pénitents, en bord de Dordogne, accueille des expositions sur l'histoire bellocoise. Le long des anciens remparts, les maisons nobles des XVIIe et XVIIIe siècles sont précédées de jardins de palmes, rosiers, bananiers, orangers. Autour de l'abbatiale Saint-Pierre, les vieilles maisons à colombages abritent deux trésors : une Vierge du XIIe siècle en bois recouvert à la feuille d'argent contenant des saintes reliques, et un somptueux tympan historié où le Christ, entouré d'anges et d'apôtres, accueille les âmes au Jugement dernier.

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La place du Monturu, où les marchandises étaient chargées et déchargées, offre une vue paradisiaque. Les maisons quercynoises alignent colombages, galeries et pigeonniers au bord de l'eau. Les Flots bleus proposent un agréable déjeuner en terrasse, et la gabare « Adèle et Clarisse », construite à l'ancienne sans moteur à Spontour, fait revivre le temps des gabariers.

Informations pratiques

Fête de la fraise : 34e édition le 10 mai. Entrée gratuite. Marché des producteurs et artisans locaux, tarte géante place Marbot, pôle pêche, concerts, spectacles, jeux pour enfants.

Producteurs : La Ferme de la Plaine à Astaillac (famille Pagès, marché de Beaulieu le mercredi, tél. 07 57 43 64 39). Les Terres d'Aquí à Puy-d'Arnac (vente d'arbres fruitiers et libre cueillette de fraises bio, 142 impasse du Suquet, tél. 07 81 24 11 90).

Visites : Office de tourisme de la Vallée de la Dordogne, place Marbot, tél. 05 65 33 22 00.

Balade en gabare : Promenade commentée de 45 minutes sur la gabare « Adèle et Clarisse », quai Faugères, tél. 05 55 91 09 94. Réservations sur www.vallee-dordogne.com ou www.tourismecorreze.com.

Où dormir et manger ? Cueillette : restaurant étoilé Michelin, cuisine locale et créative, 5 chambres. 3 La Raufie, Altillac, tél. 05 19 90 00 19. Les Flots bleus : Logis Hôtel Restaurant, poisson et viande limousine, menus dès 39,50 €, place du Monturu, Beaulieu, tél. 05 55 91 06 21. L'Infusé : salon de thé et petite restauration, 34 rue Charles-de-Gaulle, tél. 07 85 76 70 31.