Serge Atlaoui retrouve la liberté après vingt ans de détention
Après vingt années d'incarcération, dont dix-huit passées dans le couloir de la mort en Indonésie, Serge Atlaoui, artisan-soudeur de 61 ans originaire de Metz, est sorti de prison ce vendredi 18 juillet 2025 en France. Transféré sur le territoire français en février dernier, il avait vu sa peine capitale commuée en trente ans de réclusion criminelle par le tribunal de Pontoise, le rendant éligible à une libération conditionnelle.
Une libération accueillie avec émotion
Devant les quelques médias présents, Serge Atlaoui a déclaré : « Jamais je n’aurais cru que ça arriverait, il était temps, après vingt ans. » Il a qualifié cette journée d'« exceptionnelle pour ma famille, mes proches, tous ceux qui m’ont soutenu », ajoutant que « l’éloignement et la solitude » avaient été « le plus dur à supporter » durant toutes ces années. La voix empreinte d'émotion et les yeux brillants, il a confié avoir dit « au revoir et à jamais » aux surveillants pénitentiaires avant de franchir les portes de la prison.
Son épouse, Sabine Atlaoui, avait annoncé plus tôt dans la matinée sur RTL : « Il va respirer une liberté attendue, espérée depuis tant d’années. » Très émue, elle a ajouté : « Se dire qu’il est de retour, qu’il va être auprès de nous à nouveau dans notre quotidien, c’est tellement incroyable que je le réalise sans le réaliser. » Elle a également évoqué la reconstruction à venir : « Je vais redécouvrir mon mari et à l’inverse, il va me redécouvrir. Il y a vingt ans quand même, donc on va se reconstruire. Tout le monde va devoir apprendre à vivre normalement. »
Un long combat judiciaire
Serge Atlaoui avait été arrêté en 2005 dans une usine près de Jakarta où des dizaines de kilos de drogue avaient été découverts. Les autorités indonésiennes l'avaient accusé d'être un « chimiste », mais le Français a toujours nié être un trafiquant, affirmant qu'il n'avait fait qu'installer des machines industrielles dans ce qu'il croyait être une usine d'acrylique. Initialement condamné à la prison à vie, sa peine avait été alourdie en appel en 2007 par la Cour suprême indonésienne, qui l'avait condamné à la peine capitale.
Son avocat, Me Richard Sédillot, s'est dit « très heureux » de cette issue : « Imaginer qu’il y a quelques années, il était au bord de la mort, que son cercueil avait été fabriqué, qu’on nous annonçait déjà qu’il allait être exécuté […], je me dis aujourd’hui que la persévérance et le travail payent. »
Une nouvelle vie à reconstruire
La peine de Serge Atlaoui ayant été commuée en trente années de réclusion criminelle par la justice française, il était théoriquement éligible à une libération conditionnelle depuis 2011 selon les règles françaises. Sa sortie de prison marque le début d'une nouvelle vie, après deux décennies de détention et d'incertitude.



