Périgord : les coulisses politiques entre gaffes numériques et alliances inattendues
Politique en Périgord : gaffes et alliances insolites

Les dessous de la vie politique périgourdine

La semaine du 11 au 17 avril a été riche en rebondissements sur la scène politique du Périgord. Entre petites gaffes administratives et grandes manœuvres politiques, les élus locaux ont offert un spectacle aussi instructif qu'amusant aux observateurs attentifs.

Une transition numérique qui patine

Changer les visages après une alternance politique est une chose, mais mettre à jour les outils numériques en est une autre. À Périgueux, les administrés qui tentent de contacter le cabinet du nouveau maire risquent de recevoir une réponse bien différente de celle attendue. Sur l'annuaire officiel des services municipaux, l'adresse indiquée est toujours celle de Clément Bijou, ancien chef de cabinet devenu maire de Val-de-Louyre-et-Caudeau après les dernières élections.

Cette situation rappelle immanquablement le célèbre quiproquo tintinophile « Allô, Moulinsart ? » « Non, vous êtes à la boucherie Sanzot ». Désormais, c'est « allô, Périgueux ? » « Non, vous êtes à Val-de-Louyre » qui pourrait devenir la nouvelle formule des usagers désorientés.

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Alliances politiques surprenantes

L'élection de Jacques Auzou à la présidence de l'Agglomération a donné lieu à un moment d'humour politique notable. Le communiste s'est adressé aux élus de droite qui avaient voté pour lui en ces termes : « Certains d'entre vous ont peut-être voté pour un Soviet pour la première fois de leur vie. » Pourtant, ce scénario n'est pas si nouveau puisque le même schéma s'était déjà produit en 2020 et en 2014.

Une fois investi, Jacques Auzou a rappelé aux élus leurs responsabilités de représentation, tout en glissant une pique sur « la tradition républicaine qui est d'aller jusqu'au bout de ce qui a été décidé par les prédécesseurs ». Une manière élégante de suggérer que les promesses électorales risquent fort de finir à la poubelle jaune du recyclage.

Les relations entre ancien et nouveau maire

Lors du conseil municipal du 16 avril à Périgueux, Michel Cadet, le nouveau premier magistrat, a systématiquement donné du « Monsieur le maire » à son prédécesseur Émeric Lavitola, désormais dans l'opposition. Ce dernier, d'abord silencieux, a fini par réagir avec humour : « Vous pouvez m'appeler Monsieur Lavitola, ça me convient. Sinon, je pense qu'il va y avoir un trouble. Il ne faudrait pas perturber la population en lui faisant penser qu'il y a deux maires. »

La réponse de Michel Cadet fut cinglante : « Rassurez-vous, ils savent bien qui est le maire. » Un échange qui révèle les tensions sous-jacentes de cette transition de pouvoir.

Les petites difficultés techniques

La présentation des orientations budgétaires 2026 au conseil municipal de Périgueux a donné lieu à un moment cocasse. Laurent Mossion, nouvel adjoint aux finances, s'est adressé à la régie technique avec des directives dignes d'un réalisateur de télévision : « En fait, je vais faire signe quand il faudra avancer les diapos. Tant que je ne fais pas signe, c'est qu'on n'avance pas les diapos. » Une approche qui rappelle le célèbre « Magnéto Serge ! » de Thierry Ardisson.

Les nominations à Bergerac

À Bergerac, presque trois semaines après le premier conseil municipal de la nouvelle équipe menée par Fabien Ruet, la Ville a officiellement publié les délégations attribuées aux 10 adjoints et aux 16 conseillers de la majorité. Certaines missions ont été décortiquées avec précision : Sandrine Halter est adjointe au sport pour tous et au bien-être, Farid El Kadi est délégué aux clubs sportifs, tandis que les infrastructures sportives reviennent à Tom Philippe. Une répartition des tâches qui semble prouver qu'un homme averti en vaut trois.

Le soutien aux entrepreneurs en difficulté

Le Pays vernois a resserré les liens autour de Denis Chapoul, maire de Saint-Mayme-de-Péreyrol, en grève de la faim pour dénoncer ses difficultés d'entrepreneur face à l'aéroport de Bergerac. Les élus ont été unanimes : ils ne voulaient pas prendre parti dans cette affaire privée mais venaient soutenir l'homme. « Cela peut arriver à tout le monde », constatait un élu de la commune. Une solidarité rarement observée à ce niveau pour un entrepreneur en difficulté.

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Les accusations de vassalité politique

L'élection surprise de Jean-Paul Dubos à la présidence de la Communauté de communes de la Vallée de l'Homme a immédiatement suscité des tensions. Laurent Mathieu, maire de Montignac-Lascaux, lui a reproché d'être inféodé à Jacques Auzou, accusant ainsi l'intercommunalité de tomber dans le giron du Grand Périgueux.

Jean-Paul Dubos, également maire de Saint-Avit-de-Vialard, s'est défendu en affirmant ne pas être encarté au Parti communiste, tout en se revendiquant partisan de « la vraie gauche ». Sa proximité politique serait plutôt à relier à Sébastien Peytavie, le député de la circonscription rattaché au groupe Écologiste et Social à l'Assemblée nationale. Une clarification qui n'a pas totalement apaisé les tensions.