Renaud Muselier : « Éric Ciotti a raté l'histoire olympique »
Le président de la Région Sud, Renaud Muselier, a vivement critiqué le maire de Nice, Éric Ciotti, pour avoir renoncé aux Jeux Olympiques d'hiver de 2030. Dans un entretien, il qualifie cette décision de « gâchis historique » et accuse Ciotti d'avoir « raté l'histoire olympique », affirmant que « le monde va passer ailleurs ».
Des conséquences économiques désastreuses
Selon Muselier, la perte des Jeux représente un manque à gagner de 800 millions d'euros pour Nice et 1,2 milliard pour la région. Il souligne que les infrastructures prévues, comme la ligne nouvelle Provence Côte d'Azur et les gares, étaient programmées pour 2030 grâce à la priorité accordée aux Jeux. Sans cet argument, la région perd son avantage dans les arbitrages nationaux.
Muselier rejette l'argument de Ciotti selon lequel le renoncement serait une économie substantielle. « Tout ce qu'il va soi-disant financer aurait pu l'être à 80 % par d'autres », affirme-t-il, dénonçant une « logique sectaire » et une manipulation politique.
Les dessous politiques du renoncement
Le président de la Région Sud estime que Ciotti a cédé à des pressions personnelles, notamment son amitié avec Jean-Pierre Rivère, président de l'OGC Nice. Il rappelle que Ciotti avait refusé le hockey masculin, déclenchant une réaction en chaîne. « Il pensait pouvoir garder le reste, mais ça a déclenché une boule de neige dévastatrice », explique Muselier.
Interrogé sur le rôle de la politique, Muselier rétorque : « Jamais ! C'est lui qui a voulu manipuler tout le monde. » Il accuse Ciotti d'avoir présenté un projet alternatif « de mensonges » avec Guy Drut, qui a été désavoué par le CIO. Selon lui, Ciotti « n'y comprend rien » et « ne fait que de la politique politicienne ».
Un échec partagé ?
Muselier reconnaît que cet échec est aussi le sien : « J'obtiens les Jeux ! Et là, pour la première fois au monde, le Seigneur de la ville qui a les Jeux ne les veut plus. » Il déplore que Ciotti ait « pénalisé toute sa population » et refuse de voir une revanche politique : « Il n'est pas au niveau mondial, c'est tout ! »
Alors que Lyon récupère une partie des épreuves, Muselier salue l'unité politique lyonnaise : « Ils ont pris tout de suite. » Il accuse Ciotti d'être entré dans une « logique sectaire » et d'avoir refusé des Jeux « ambitieux, transformateurs, les plus durables et les moins chers de l'histoire ».
Un avenir incertain
Muselier doute d'un revirement, malgré la date butoir de fin juin. « Pour renverser la vapeur, il faudrait que le maire de Nice dise : allez, c'est bon, on fait les Jeux. » Mais il n'y croit pas. « Je ne comprends pas comment on peut faire une chose pareille à son territoire », conclut-il, ébahi.
Dans une lettre à Ciotti, Muselier écrit : « Les grands dirigeants construisent l'avenir, les petits le rétrécissent. Quand on choisit le repli, c'est toujours le territoire qui perd. »



