La Main chaude contre l'extrême droite : une revue millavoise défend la mémoire sociale
La Main chaude défend la mémoire sociale face aux extrêmes

La Main chaude relance son combat mémoriel contre la montée des extrêmes

Comme un symbole fort, les contributeurs de la revue La Main chaude se rassemblent derrière le buste de Jean-Jaurès, incarnant leur engagement pour la défense de l'histoire sociale. Dans un contexte mondial marqué par la négation du droit international et la progression des extrêmes droites, cette association millavoise présente son 12e numéro, plus combative que jamais. L'élection de Donald Trump en 2024 a confirmé leurs craintes : le XXIe siècle est celui des grands renversements idéologiques.

Un plaidoyer pour l'histoire sociale face aux réécritures

Face à la banalisation des thèses racialistes, au rejet de l'immigration et à la réécriture d'un passé mythifié, les passeurs de mémoire de La Main chaude opposent une résistance tenace. Leur volonté, régulièrement saluée, est de raconter l'histoire sociale, de célébrer les luttes ouvrières et paysannes, et de rappeler que Millau et le Sud-Aveyron furent, et restent, des terres de résistance. Leur nouvel éditorial souligne avec une ironie mordante que l'histoire n'est pas un long fleuve tranquille, mais un véritable champ de bataille.

Les sujets phares du 12e numéro

Ce numéro s'ouvre sur un constat amer : l'extrême droite progresse par un travail culturel patient, héritier du GRECE d'Alain de Benoist. Parmi les sujets abordés :

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram
  • Les débuts de la lutte contre l'extension du camp du Larzac, avec un focus sur la manifestation oubliée du 9 mai 1971, racontée par l'un de ses organisateurs, Robert Siméon.
  • Le regard des géographes toulousains sur le plateau du Larzac en 1972, une analyse qui déconstruit les arguments des partisans du camp militaire.
  • Des plongées dans les archives électorales, avec des portraits d'élus surprenants comme François Martin, avocat d'extrême droite élu député de Millau en 1936.

Hommages et découvertes patrimoniales

La revue rend un hommage appuyé à Henri Terral, poète prolétaire auteur de L'Hymne de Millau et de Lous Gontios, un poème en occitan inspiré de son expérience de coupeur de gants. Elle explore également les Causses, révélant les fours à charbon de bois et les marmites abandonnées, témoignages d'une activité aujourd'hui disparue. Enfin, un hommage émouvant est rendu à Alain Guillot, fondateur de Radio Saint-Affrique, une radio pirate créée pour que "ceux qui n'ont rien à dire puissent le dire".

L'urgence de la numérisation des archives millavoises

Alors que La Main chaude fouille inlassablement le passé, ses contributeurs déplorent l'absence criante de numérisation des archives locales. "Tous les journaux de l'Aveyron sont accessibles en ligne… sauf ceux de Millau !", s'exclame l'un d'eux. Cette lacune complique considérablement le travail de recherche et de transmission. Un appel pressant est lancé pour que les archives de Millau suivent l'exemple d'Espalion ou de Saint-Affrique, sans quoi l'histoire sociale risque de s'effacer irrémédiablement.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale