Creys-Malville 1977 : le premier mort d'une manif écolo dans un doc
Creys-Malville 1977 : premier mort d'une manif écolo

Le documentaire « Creys-Malville 1977, mourir pour la planète », réalisé par Olivier Toscer, explore les origines des violences lors de rassemblements pour la protection de l’environnement. Il sera diffusé ce lundi 25 mai à 23h10 sur France 3.

Un événement fondateur des conflits environnementaux

Si le nom de Creys-Malville s’est quelque peu effacé de la mémoire collective, il représente pourtant aux yeux d’Olivier Toscer la matrice des conflits environnementaux. Le 31 juillet 1977, après des années de mobilisation pacifique et de recours en justice destinés à alerter les autorités et l’opinion publique sur le danger potentiel du réacteur nucléaire Superphénix, des centaines de militants écologistes français et étrangers convergent vers le futur site isérois. Le projet de surgénérateur a été validé par le gouvernement de Pierre Messmer en 1974, sans discussion à l’Assemblée nationale, et malgré les réserves exprimées par certains spécialistes.

En ce jour d’été pluvieux, la marche antinucléaire tourne vite à l’affrontement entre manifestants et forces de l’ordre. Le bilan est lourd : un mort, plus de 100 blessés et plusieurs arrestations. Le professeur de physique-chimie Vital Michalon, décrit comme ouvert et humaniste, n’a pas succombé à une crise cardiaque comme l’a affirmé le préfet de l’époque, mais à des lésions pulmonaires dues au souffle d’une explosion, révélées à l’autopsie.

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Deux tragédies, quarante ans d’écart

Près de quarante ans plus tard, le 26 octobre 2014, Rémi Fraisse meurt à Sivens (Tarn) après avoir été touché par une grenade tirée par un gendarme lors d’une manifestation contre la construction d’un barrage. Comme Vital Michalon, le jeune botaniste n’était pas un habitué des Zones à Défendre (ZAD).

En confrontant les témoignages de ceux qui ont vécu ces événements, côté militants et côté forces de l’ordre, Olivier Toscer éclaire les mécanismes qui conduisent aux mêmes impasses et violences. Une problématique que le chercheur Cédric Philibert résume avec lucidité : « Il y a, d’un côté, un État qui provoque, en parlant de terrorisme écologique, et, de l’autre, des gens qui vont dans les manifs écolos pour se battre… Les organisateurs acceptent parce qu’au fond, ça fera du bruit et ce sera bon pour la cause… »

Le documentaire de 52 minutes sera suivi d’un débat. Il est également disponible en replay sur france.tv.

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