Le sommet Choose France, rendez-vous annuel des investisseurs étrangers, a tenu sa session 2026 au château de Versailles. Sous le signe de l'intelligence artificielle, cet événement a vu défiler les dirigeants des plus grandes entreprises technologiques mondiales. Pourtant, derrière les annonces ambitieuses, la question des emplois concrets pour les Français reste en suspens.
Une édition placée sous le signe de l'IA
Cette année, le thème central était sans équivoque l'intelligence artificielle. Plusieurs géants du secteur, comme Google, Microsoft et Meta, ont annoncé des investissements massifs en France, totalisant plusieurs milliards d'euros. Ces fonds sont destinés à la création de centres de recherche et de data centers, renforçant ainsi la position de la France comme hub européen de l'IA. Le président de la République a salué ces engagements, y voyant une preuve de la confiance des investisseurs dans l'économie française.
Des promesses d'emplois peu claires
Si les montants investis impressionnent, les retombées en termes d'emplois directs restent floues. Les entreprises ont évoqué la création de "milliers d'emplois", sans préciser leur nature ni leur localisation. Les syndicats et les élus locaux regrettent un manque de transparence. "On nous promet des emplois qualifiés, mais où seront-ils ? Dans les métropoles ou dans les territoires ?" s'interroge un représentant de la CFDT. De plus, ces emplois nécessitent souvent des compétences pointues, ce qui pourrait exclure une partie de la main-d'œuvre locale.
Un modèle économique à interroger
Au-delà des emplois, c'est le modèle économique même de l'IA qui est questionné. Les investissements annoncés concernent principalement l'infrastructure numérique, qui génère peu d'emplois par rapport à d'autres secteurs. "Un data center, une fois construit, n'emploie que quelques dizaines de personnes", rappelle un expert en économie numérique. Par ailleurs, l'automatisation permise par l'IA pourrait détruire davantage d'emplois qu'elle n'en crée dans d'autres secteurs, comme la logistique ou la relation client.
Le gouvernement rassure
Face à ces critiques, le gouvernement met en avant les retombées indirectes. "L'IA va transformer l'ensemble de notre économie, créant de nouveaux métiers et renforçant la compétitivité de nos entreprises", a déclaré le ministre de l'Économie. Des plans de formation sont annoncés pour accompagner les travailleurs dans cette transition. Cependant, les associations de chômeurs restent sceptiques, estimant que les mesures ne sont pas à la hauteur des enjeux.
Un sommet sous tension
Le sommet s'est déroulé dans un contexte social tendu, marqué par des manifestations contre la réforme des retraites. À Versailles, la sécurité était renforcée, tandis que des opposants dénonçaient un "sommet des privilégiés". Pour les organisateurs, l'événement est pourtant essentiel pour attirer les investissements et maintenir le rang de la France. Reste à savoir si les promesses se concrétiseront en emplois durables pour les Français.



