L'eurodéputée écologiste Chloé Ridel a été la cible de menaces de mort explicites sur les réseaux sociaux ces derniers jours, conduisant à la saisine du pôle spécialisé dans la haine en ligne par son équipe. Selon une source proche de l'élue, plusieurs messages violents ont été signalés, et une plainte devrait être déposée prochainement.
Des menaces récurrentes pour une élue engagée sur le climat
Chloé Ridel, députée européenne France Insoumise (LFI) depuis 2024, est connue pour ses positions fermes sur les questions climatiques et sociales. Elle a récemment porté une proposition de résolution sur la responsabilité des grandes entreprises dans la crise écologique. Selon un communiqué de son cabinet, les menaces ont été publiées sur X (anciennement Twitter) et Instagram. Le contenu, de nature violente, appelait explicitement à son exécution.
« Je suis déterminée à continuer mon travail malgré ces menaces. Nous ne céderons pas à la terreur », a déclaré Chloé Ridel dans un message publié lundi soir. Elle a remercié les forces de l'ordre et le parquet pour leur réactivité.
Un phénomène en augmentation : les cybermenaces contre les élus
Selon les données du ministère de l'Intérieur, les signalements pour menaces en ligne contre des élus ont augmenté de 15% en 2025 par rapport à l'année précédente. Ce chiffre, cité par plusieurs associations de lutte contre la haine en ligne, montre une tendance préoccupante. Les femmes élues sont particulièrement visées, représentant près de 60% des victimes de cyberharcèlement selon une étude de la Fondation des Femmes.
Le pôle spécialisé dans la haine en ligne, créé en 2021 au sein du parquet de Paris, est compétent pour enquêter sur ces infractions. Il a déjà traité plusieurs affaires médiatisées, notamment celles visant des militants écologistes et des personnalités politiques.
La classe politique condamne ces actes
Plusieurs responsables politiques ont exprimé leur soutien à Chloé Ridel. La présidente de l'Assemblée nationale a tweeté : « La violence en ligne n'a pas sa place dans notre démocratie. Tout mon soutien à Chloé Ridel. » De son côté, le ministre de la Justice a annoncé que des poursuites pénales seraient engagées dès l'identification des auteurs.
Cet incident illustre la tension croissante autour des débats sur le climat et la transition écologique. Les menaces de mort visant des élus écologistes se sont multipliées ces derniers mois, comme en témoigne l'agression de l'ancienne ministre Barbara Pompili en 2023.
Un appel à renforcer la législation
Chloé Ridel a appelé à renforcer les sanctions contre les auteurs de cyberharcèlement. « Les réseaux sociaux doivent être responsables de leurs contenus. Il est temps d'agir concrètement au niveau européen », a-t-elle déclaré lors d'une interview à France Info. Elle a également salué le travail du pôle spécialisé, mais estime que les moyens alloués restent insuffisants face à l'ampleur du phénomène.
Selon une source proche de l'enquête, les messages incriminés auraient été postés depuis des comptes anonymes créés récemment. La police technique et scientifique analyse actuellement les données pour remonter jusqu'aux auteurs. Les peines encourues pour ce type de menace peuvent aller jusqu'à trois ans d'emprisonnement et 45 000 euros d'amende.
L'affaire intervient alors que la commission européenne prépare une nouvelle directive sur la lutte contre les contenus haineux en ligne. Chloé Ridel, en tant que rapporteure fictive sur ce texte, devrait y jouer un rôle clé dans les mois à venir.



