Vincent Bolloré ne dissimule plus la démarche politique de sa stratégie médiatique ni de son think tank, l'Institut de l'Espérance. Selon le livre-enquête « la Droite de Dieu » de Clément Lacombe et Camille Vigogne Le Coat, dont le quatrième volet est publié le 5 septembre 2026, cette ambition est qualifiée de radicale et incontrôlable, même par ses plus proches collaborateurs.
Un think tank en croisade
Les convives ont pris place dans une pièce au rez-de-chaussée du siège de Vivendi, aux fenêtres opacifiées. À l'extérieur, deux vigiles surveillent la porte coulissante sur le côté, rue de Tilsitt, que franchissent, QR code à la main, la grosse centaine d'invités endimanchés, malgré la canicule qui sévit. Cette scène, décrite dans l'ouvrage, illustre l'atmosphère feutrée mais sécurisée qui entoure les événements de l'Institut de l'Espérance.
Le think tank de Vincent Bolloré, dont le nom évoque une mission quasi spirituelle, est présenté comme un outil clé de son influence. Les auteurs du livre, Clément Lacombe et Camille Vigogne Le Coat, décrivent comment le milliardaire breton utilise cette structure pour promouvoir ses idées, en liaison directe avec ses médias comme CNews, Europe 1 et le JDD.
Une stratégie radicale et incontrôlable
Selon l'enquête, l'ambition politique de Vincent Bolloré est désormais assumée, mais elle échappe à tout contrôle, y compris de la part de ses plus proches conseillers. Le livre rapporte que le magnat des médias donne des instructions précises à ses équipes, mais que sa vision personnelle prime souvent sur les recommandations de son entourage. Cette approche, qualifiée de radicale, vise à imposer une ligne éditoriale et politique claire à travers ses différents supports.
L'Institut de l'Espérance, dont les activités sont détaillées dans les bonnes feuilles publiées par « le Monde », apparaît comme un laboratoire d'idées où se croisent politiques, intellectuels et religieux. Le livre-enquête, qui a nécessité plusieurs mois d'investigation, s'appuie sur des témoignages de proches et d'anciens collaborateurs de Vincent Bolloré, ainsi que sur des documents internes.
Une influence croissante sur la scène politique
L'ouvrage de Clément Lacombe et Camille Vigogne Le Coat, intitulé « la Droite de Dieu », explore en quatre épisodes les différentes facettes de l'influence de Vincent Bolloré. Le premier volet, publié le 2 septembre 2026, révélait les confidences du milliardaire aux politiques qui défilent dans son hôtel particulier, notamment cette phrase : « C'est certain, vous serez président ». Le deuxième volet, le 3 septembre, détaillait comment Bolloré dirige personnellement CNews, Europe 1 et le JDD, avec des témoignages soulignant qu'il est « hyper-dispo, il a des idées ». Le troisième volet, le 4 septembre, évoquait les soupçons de violences sexuelles visant son conseiller spirituel, et la réaction du milliardaire, qui ferme les yeux.
Ce quatrième et dernier volet, publié le 5 septembre 2026, se concentre sur l'Institut de l'Espérance, présenté comme le cœur de la stratégie politique de Vincent Bolloré. Le livre cite notamment cette phrase, prononcée lors d'une réunion interne : « Ce qui nous rassemble, c'est le combat pour le Christ ». Cette citation, rapportée par les auteurs, illustre la dimension religieuse et militante du projet.
Les extraits publiés par « le Monde » montrent que l'Institut de l'Espérance organise des rencontres régulières, comme celle décrite au siège de Vivendi, avec une centaine d'invités triés sur le volet. Ces événements, sécurisés par des vigiles et un contrôle par QR code, témoignent du caractère confidentiel et influent de ce think tank.
Le livre-enquête « la Droite de Dieu » apporte un éclairage inédit sur les méthodes de Vincent Bolloré, qui mêle médias, politique et religion pour peser sur le débat public. Selon les auteurs, cette stratégie est désormais visible et assumée, même si elle suscite des inquiétudes quant à son caractère incontrôlable.



