Accueillir un chaton dans son foyer, c'est compter un nouveau membre dans la famille. C'est, comme avec tout animal de compagnie, le début d'une aventure fantastique qui promet de beaux souvenirs et des moments inoubliables. C'est aussi une part de responsabilités qu'il ne faut pas négliger. L'indépendance féline ne doit pas être une excuse à un manque d'investissement. Ce dernier s'entend d'ailleurs aussi bien en termes financiers qu'en termes moraux. Avec une base de départ solide, un nouveau chapitre est prêt à être ouvert.
Évaluer l'engagement et le budget
Si un chaton demande moins d'entraînement et d'éducation qu'un chiot, cela ne signifie pas que l'animal est totalement indépendant tout le temps. De plus, il peut y avoir d'importantes variations de caractères selon les individus. Un chat a tout de même besoin de temps de jeu et d'attention. Adopter un tel animal signifie aussi s'engager sur le long terme, autour de 15 ans potentiellement. C'est aussi pour cela qu'il est souvent plus sage de s'assurer d'une certaine stabilité avant d'ajouter un animal à l'aventure du quotidien.
L'arrivée d'un chaton à la maison a un coût indéniable. Les premiers temps sont même sujets à des dépenses plus élevées et rapprochées, comme les primo-vaccinations, l'identification, la stérilisation, etc., en plus des achats récurrents comme l'alimentation et la litière. C'est un budget à ne pas sous-estimer.
Vérifier le contexte familial et le logement
Bien entendu, l'adoption d'un chaton ne doit pas être un coup de tête individuel si on vit en famille. Des questions aussi terre à terre que de potentielles allergies peuvent ruiner un moment que l'on espérait sans complication. De par son caractère plus indépendant, et parfois imprévisible, le chat ne doit pas être considéré comme une peluche ou un jouet.
Par ailleurs, selon le logement, il faut également vérifier que la présence d'animaux de compagnie est autorisée, notamment si on vit dans une copropriété ou une location. La situation même du lieu de vie est également importante à prendre en compte si votre chat part en vadrouille. Jardin ou espaces verts à disposition, présence de routes dangereuses, voisinage, etc., sont autant de détails qui peuvent avoir leur importance.
Respecter la légalité et les démarches obligatoires
Il est essentiel de ne pas adopter le premier chaton venu ou, du moins, de s'assurer du sérieux de la personne qui le propose. Un chaton ne doit pas être séparé de sa mère trop tôt. Le sevrage alimentaire intervient vers 8 semaines. Toutefois, l'apprentissage des autocontrôles et la construction d'un équilibre affectif nécessitent que l'animal passe au moins 12 semaines auprès de sa mère et de sa portée. Il ne faut pas hésiter à se tourner vers les associations et les refuges qui peuvent avoir besoin de soutien pour prendre en charge des chatons. On peut également offrir un foyer à un chat adulte. Cela peut paraître moins attendrissant au départ, mais ne présage en rien de la suite et des belles aventures possibles.
En France, ainsi que dans plusieurs pays européens, l'identification par puce électronique est une obligation légale pour tous les chats nés après le 1er janvier 2012. Même dans le cas d'un chaton, l'animal doit être pucé chez un vétérinaire avant sa cession, y compris si c'est un don. De plus, les personnes souhaitant acquérir un animal de compagnie doivent aussi remplir le certificat d'engagement et de connaissance depuis le 1er octobre 2022, comme le rappelle le site du Ministère de l'Agriculture, de l'Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire.
Préparer le suivi vétérinaire et l'aménagement
Pas besoin d'attendre que le chaton soit arrivé pour repérer le vétérinaire le plus proche ou le plus à même d'assurer le suivi de l'animal. Dès les premiers jours, une visite bilan est à programmer, puis viennent rapidement les traitements vermifuges, antiparasitaires et les protocoles de vaccination. La question de la stérilisation est également cruciale, même si le chat ne part pas ou peu en exploration. Cela évite de contribuer à la surpopulation féline, et à ses impacts sur la biodiversité, mais peut aussi bénéficier au comportement de l'animal, notamment en baissant l'agressivité.
Si un chiot demande du temps pour l'éducation, un chaton demande un grand sens de l'anticipation. Capable d'atteindre les recoins les plus improbables de la maison, un félin peut, sans le vouloir, se mettre en danger ou provoquer des accidents domestiques. Il faut donc sécuriser la maison en amont, mais aussi prévoir au moins un espace dédié et calme qui accueillera le chaton à son arrivée. Cela lui permet de se familiariser avec les lieux. Des jeux et zones d'exploration peuvent être proposés pour un espace vraiment adapté.
Un chaton a besoin d'un certain nombre d'objets pour son bien-être au quotidien. Il faut évidemment une caisse avec la litière, qu'il faudra peut-être adapter aux exigences de l'animal, des gamelles pour l'eau et la nourriture, un lit ou coussin, voire un espace de couchage couvert, et des équipements pour le jeu comme des cannes avec appâts souples, tunnels, zones pour faire les griffes, balles, etc. Sans enrichissement, c'est toute la maison qui risque de devenir l'espace de détente du chat et le mobilier pourrait ne pas s'en remettre.
Enfin, ce n'est pas parce qu'un chat est naturellement plus indépendant qu'il faut le laisser seul dès son arrivée. Une présence rassurante et des interactions régulières permettent à l'animal de s'habituer plus rapidement à son nouvel espace de vie. C'est aussi, pour l'humain, une manière de vraiment concrétiser cette adoption et de se donner le temps d'une rencontre qui mérite bien de poser quelques jours de vacances.



