LGV dans le Sud-Ouest : un soulagement teinté de prudence
Le coup d’accélérateur donné par le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a été accueilli avec soulagement par les défenseurs du projet de lignes à grande vitesse, en particulier pour la portion Bordeaux-Toulouse. Cette impulsion gouvernementale vise à relancer un dossier marqué par de nombreuses incertitudes. Raymond Vall, président du Club TGV Gare d’Agen Porte de Gascogne et ancien sénateur du Gers, reste toutefois vigilant. Il souligne que les promesses concernant la garantie des arrêts dans les nouvelles gares et le renforcement des lignes secondaires doivent être tenues.
Un TGV pour tous les territoires
Raymond Vall insiste sur l'importance d'éviter un TGV qui ne relierait que les métropoles. « On ne veut pas entendre parler d’un TGV qui ne desservirait que les grandes villes et qui sacrifierait nos départements », déclare-t-il. Les gares de Mont-de-Marsan, Agen (Brax) et Montauban (Bressols) doivent drainer les territoires ruraux. Pour que ces arrêts restent attractifs, il est essentiel que ces gares soient accessibles depuis les zones environnantes.
La gare de Brax : un avenir assuré
Contrairement aux craintes, la gare de Brax ne sera pas une « gare betteraves ». Environ soixante arrêts de TGV par semaine y sont prévus. Les infrastructures d’accès, comme une sortie d’autoroute supplémentaire et un nouveau pont routier, sont déjà en place ou programmées. Le pont ferroviaire entre Agen et Brax est inclus dans le budget initial, confirmant le rôle central de cette gare.
Réhabiliter les petites lignes pour alimenter le TGV
Le Club LGV milite pour la réhabilitation des lignes secondaires, essentielles pour acheminer les voyageurs vers les gares TGV. La ligne Auch-Agen, par exemple, a été intégrée dans les calculs de fréquentation, avec une estimation de 100 000 passagers par an pour la future gare d’Agen. « Les passagers de ces territoires ont le droit aussi de prendre ce TGV, ils ont participé au financement », rappelle Raymond Vall, citant la contribution de 22 millions d’euros du Gers.
Le train, seul salut pour la ruralité
Interrogé sur le risque que les gares intermédiaires comme Marmande soient délaissées, Raymond Vall estime que les infrastructures routières existantes peuvent absorber le trafic supplémentaire. Il écarte également les craintes liées à l’ouverture à la concurrence, jugeant les compagnies étrangères peu efficaces pour l’instant. Quant aux surcoûts potentiels, il les relativise : « Les chiffres, il faut s’en méfier », dit-il, soulignant que le financement public évite les montages public-privé qui auraient renchéri le coût de 7 milliards d’euros. Pour lui, le désenclavement des territoires ruraux reste un argument central : « Il n’y a que le train qui peut sauver la ruralité. »



