Ultra-endurance : les femmes rattrapent les hommes sur les longues distances
Ultra-endurance : les femmes rattrapent les hommes

Une étude récente publiée dans la revue PLOS ONE montre que l'écart de performance entre les femmes et les hommes se réduit considérablement à mesure que la distance des épreuves d'ultra-endurance augmente. Sur les courses de plus de 300 kilomètres, les femmes rivalisent désormais avec les hommes, et certaines études suggèrent même qu'elles pourraient les surpasser sur les distances extrêmes.

Un avantage féminin sur les très longues distances

Les chercheurs ont analysé les résultats de 70 courses d'ultra-endurance, allant de 50 à plus de 1 600 kilomètres. Ils ont constaté que si les hommes sont généralement plus rapides sur les distances courtes, l'écart se comble progressivement. Sur les épreuves de plus de 300 kilomètres, les performances des femmes sont quasiment identiques à celles des hommes, et sur les distances supérieures à 1 000 kilomètres, les femmes peuvent même être plus rapides.

Cette tendance s'explique par plusieurs facteurs physiologiques. Les femmes auraient une meilleure capacité à métaboliser les graisses, ce qui leur permet de préserver leurs réserves de glycogène et de retarder la fatigue. De plus, leur corps résisterait mieux aux dommages musculaires et à l'inflammation, ce qui leur permettrait de récupérer plus rapidement entre les étapes.

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Des performances qui défient les stéréotypes

« C'est un résultat qui va à l'encontre des stéréotypes de genre dans le sport », explique le Dr. Guillaume Millet, professeur de physiologie à l'Université Jean-Monnet de Saint-Étienne, co-auteur de l'étude. « Les femmes sont souvent perçues comme moins performantes, mais sur les ultra-distances, elles montrent une résistance et une endurance remarquables. »

Les données montrent que sur les courses de 50 kilomètres, les hommes sont en moyenne 10 à 15 % plus rapides que les femmes. Sur les 100 kilomètres, cet écart tombe à 5 à 10 %. Au-delà de 300 kilomètres, l'écart n'est plus que de 1 à 2 %, et il disparaît complètement sur les distances extrêmes.

Des implications pour l'entraînement et la compétition

Ces résultats pourraient avoir des implications importantes pour l'entraînement des athlètes et pour l'organisation des compétitions. Les entraîneurs pourraient adapter les programmes d'entraînement en tenant compte de ces différences physiologiques, et les organisateurs de courses pourraient envisager des catégories mixtes ou des podiums communs sur les ultra-distances.

« Les femmes ont longtemps été sous-représentées dans les courses d'ultra-endurance, mais leur nombre augmente rapidement », note le Dr. Millet. « Cette étude montre qu'elles ont non seulement leur place dans ces épreuves, mais qu'elles peuvent aussi y exceller. »

Les chercheurs espèrent que ces découvertes encourageront davantage de femmes à se lancer dans l'ultra-endurance et contribueront à briser les barrières de genre dans le sport de haut niveau.

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