Le projet d'aire de stockage d'une trentaine de poids lourds au Bosc, dans l'Hérault, suscite une vive opposition de la part du maire de la commune, Jérôme Vallat. Ce dernier juge le projet « ni bienvenu, ni adapté » au contexte de 2026, remettant en cause la validité de la déclaration d'utilité publique (DUP) sur laquelle il s'appuie.
Une DUP de 2011 jugée obsolète
Interrogé ce mardi 7 octobre, le maire a confirmé les propos de Frédéric Roig, président de la communauté de communes du Lodévois et Larzac (CCLL), qui estimait ce projet « inutile ». Jérôme Vallat a souligné que « ce projet d'aire de stockage est lié à une déclaration d'utilité publique de 2011. Or cette DUP était valable jusqu'en 2021, en l'État elle n'est plus valable ».
Il a également évoqué l'évolution du contexte réglementaire : « le contexte a changé au niveau artificialisation des sols, ombrières, PLUI… On ne peut faire du neuf avec du vieux. Le PLUI ne correspond pas, la zone concernée est agricole. Les maires ont des préconisations pour protéger des zones agricoles etc. là, dans ce projet, c'est tout le contraire ».
Un projet coûteux et aux nuisances multiples
Au-delà de l'aire de stationnement, le projet initial prévoyait également une passerelle pour permettre aux camions de franchir l'A75. Or, « aujourd'hui, la passerelle n'est plus prévue faute de budget. On va parquer une trentaine de camions, sans sanitaires ni moyens de restauration », a déploré l'élu, qui a qualifié le coût d'investissement par camion de « prohibitif ».
Le maire a également rappelé que trois sorties sont déjà en fonction sur l'A75 sur la portion traversant la commune. En cas de difficulté de circulation, « on peut demander aux camions de faire quelques mètres de plus, de sortir à Sallèles ou à l'échangeur du Mas Lavayre, pour faire demi-tour ». Il a ajouté : « aujourd'hui, lorsqu'il y a un épisode délicat sur l'A75, on stocke les camions (sur la file de droite) sur l'A75. Avec ce projet, on veut en stocker 30. Cela ne réglerait pas le problème et coûterait entre 5 et presque 10 M€ d'argent public, si on fait la passerelle, sans respecter les règles d'urbanisme en vigueur, avec une DUP obsolète, en provoquant des nuisances pour les habitants du secteur : en bordure du Grand site et dans le Géoparc Unesco ».
Des fonds à réorienter vers d'autres chantiers
Lors de ses échanges avec la sous-préfète de Lodève, Célia Pouget, Jérôme Vallat a suggéré de réaffecter les crédits prévus pour ce projet, d'un montant de 5 à 6 M€, inscrits au contrat de plan État Région. Il a proposé plusieurs pistes : « il est possible de revoir la sortie 56 qui n'est pas appropriée, on peut faire des aménagements pour le bruit qui impacte les riverains de l'A75, et il y en resterait encore largement pour être affecté, si l'État le souhaite, sur l'échangeur de Clermont ».
Le sujet était à l'ordre du jour de la conférence des maires du Clermontais, à laquelle participait la préfète de l'Hérault, Chantal Mauchet. Le maire du Bosc a conclu : « ce projet d'aire de stockage, n'est pas le bienvenu et n'est pas, aujourd'hui, adapté au contexte de 2026 ».