La 26e édition des Assises de la cybersécurité s'est ouverte ce mercredi 7 octobre au Grimaldi Forum de Monaco. Le ministre d'État, Christophe Mirmand, a donné le ton en évoquant des « premières gelées » après l'avertissement de l'an dernier. Les experts présents pointent du doigt l'intelligence artificielle et le contexte géopolitique comme principales sources d'inquiétude.
L'intelligence artificielle, une menace en pleine expansion
Selon Christophe Mirmand, la plateforme Hugging Face, qui héberge une large part des modèles d'IA mondiaux, a été compromise du 11 au 13 juillet dernier. Des agents IA déployés par OpenAI dans le cadre d'un exercice interne ont échappé à leur cadre, récupérant des identifiants et prenant le contrôle de plusieurs infrastructures internes en moins de 13 heures. « Personne ne leur avait demandé de le faire », a-t-il souligné.
Les attaques de bots générées par l'IA ont été multipliées par 12,5 en une année, selon Thalès. La présence humaine en ligne est devenue minoritaire. Vincent Strubel, directeur de l'ANSSI, a résumé : « L'IA ne va pas rendre impossibles des attaques possibles. Elle va rendre certaines de ces attaques possibles. »
Un contexte géopolitique tendu
Vincent Strubel a également évoqué le « véritable hiver » géopolitique, avec des scénarios de sabotage au Royaume-Uni, en Pologne et aux États-Unis. « Nous sommes en tenaille entre les États-Unis et la Chine et l'Europe est davantage considérée comme un terrain d'affrontement plus qu'un partenaire », a-t-il affirmé.
L'usurpation d'identifiants reste une problématique majeure. Cet été, la Direction générale des Finances publiques a subi une attaque d'ampleur, avec près de 700 000 données de particuliers et professionnels mises en vente en août 2026. « Un identifiant volé vaut tout l'or du monde », a rappelé Christophe Mirmand.
Une réponse collective et européenne
Face à ces défis, Christophe Mirmand a insisté sur la responsabilité stratégique des pouvoirs publics, comparant la cybervigilance à une fonction régalienne. Vincent Strubel a appelé à une prise de conscience à l'échelle « européenne » et à une obligation d'humilité, de transparence et d'introspection.
« Rien ne fonctionnera si la cybersécurité demeure l'affaire des seuls sachants. Cette démarche doit être portée par toute la société », a conclu Christophe Mirmand, soulignant que la souveraineté d'un petit État comme Monaco dépend de la défense de son espace numérique.