La gauche métropolitaine veut le tramway à Cagnes-sur-Mer, qu'on se le dise. Hier, les élus niçois du groupe d'opposition « Unis pour Nice » Juliette Chesnel-Le Roux (Écologistes), Patrick Allemand (PS), Julien Picot (PC), ainsi que l'élu Cagnois Cédric Garoyan (gauche unie) et Marc Orsatti (conseiller municipal PS de Saint-Laurent-du-Var de 2001 à 2026) ont organisé une conférence de presse devant l'arrêt de bus de l'Institut médico-chirurgical Arnault-Tzanck, à Saint-Laurent-du-Var. Le lieu n'a évidemment pas été choisi au hasard, puisque le site est au bord de la saturation niveau circulation et stationnement. Et le nouvel Institut du cœur Jean-Louis-Noisiez qui doit y ouvrir fin août 2026 n'arrangera rien à la chose.
Le projet de ligne 4 du tramway devait initialement relier Nice Saint-Augustin à Saint-Laurent-du-Var puis Cagnes-sur-Mer. Sous l'ère de Christian Estrosi, le terminus était envisagé au parc Sauvaigo.
« Cagnes va rater son rendez-vous avec la mobilité moderne »
Mais le tramway cagnois a du plomb dans l'aile depuis que Bryan Masson (RN) a été élu maire de Cagnes-sur-Mer. Ce dernier a fait campagne en partie sur l'abandon de ce projet, jugé trop coûteux. Et peu importe si la Métropole a déjà dépensé 65 millions d'euros en travaux préparatoires, comme l'a révélé son allié Éric Ciotti (UDR) lors du conseil métropolitain du 24 avril.
« Si l'on continue dans cette voie, Cagnes va rater son rendez-vous avec la mobilité moderne ! Alors que c'est une ville importante de la Métropole, alerte Patrick Allemand. L'abandon du projet serait un véritable gâchis, d'autant que des millions d'euros ont déjà été investis sur des études, des acquisitions foncières. Et on a ici [Tzanck] un pôle de santé extrêmement important, qui doit se développer encore dans les mois à venir avec le nouvel institut du cœur : le nombre de lits va passer de 230 à 500. Donc on est là pour alerter, pour dire que la gauche souhaite que le tram arrive jusqu'à Cagnes-sur-Mer. Il faut que les Cagnois se mobilisent. »
« L'engorgement de Cagnes, c'est le problème essentiel de la ville »
Cédric Garoyan, élu d'opposition de gauche cagnois, ne veut pas entendre parler d'un tram qui s'arrêterait à l'institut Tzanck, à Saint-Laurent-du-Var. « L'engorgement de Cagnes-sur-Mer, c'est le problème essentiel de la ville. M. Masson l'a dit lui-même, à peine élu, qu'il prendrait le sujet à bras-le-corps. Trois mois sont passés, et nous n'avons pas l'ombre d'un projet pour améliorer la situation. »
Et l'alternative d'un bus à haut niveau de service (BHNS) que défend le maire RN de Cagnes ? « Le tram peut transporter 300 passagers, alors que le bus c'est 80, donc ça ne réglera aucun problème, d'autant qu'il monopolisera une voie de circulation », balaye-t-il.
Cédric Garoyan garde espoir : « Rien n'est figé, rien n'est perdu. Même Éric Ciotti n'est pas contre le fait que le tram arrive à Cagnes-sur-Mer. Et les Cagnois ont déjà payé une partie du tram, donc nous ne pouvons pas accepter qu'il s'arrête aux portes de notre ville, ce serait la disqualifier. Saint-Laurent deviendrait la périphérie intégrée de Nice, et Cagnes serait marginalisée. J'ai comme l'impression que M. Masson et M. Quessada (1) font tout pour promouvoir Saint-Laurent-du-Var. Moi je suis Cagnois, et je veux promouvoir ma ville. »
« L'abandon de cette ligne 4 du tram serait catastrophique »
L'ancien conseiller municipal PS de Saint-Laurent-du-Var Marc Orsatti embraye : « L'abandon de cette ligne 4 du tram serait catastrophique. Chaque jour, il y a 2 000 personnes qui vont travailler à Cap 3000, et 500 sur le pôle Arnaud Tzanck, auxquels s'ajoutent 880 patients et accompagnants par jour, donc on a absolument besoin du tramway pour acheminer le personnel et éviter les mouvements pendulaires. »
Michel Salvadori, directeur général de l'institut Arnault-Tzanck, s'était déjà exprimé dans nos colonnes le 29 avril en faveur du tramway : « C'est extrêmement important qu' [Éric Ciotti] maintienne la ligne 4 du tramway et qu'elle arrive à proximité de notre établissement », avait-il déclaré.
1. Rafaël Quessada (RN) est le chef de l'opposition au maire de Saint-Laurent-du-Var, Joseph Segura, et directeur de cabinet du maire de Cagnes Bryan Masson.



