A8: 86% des usagers subissent des bouchons quotidiens, notre enquête
A8: 86% des usagers subissent des bouchons quotidiens

Près de 500 lecteurs de Nice-Matin ont participé à une grande enquête sur les embouteillages de l'autoroute A8 dans les Alpes-Maritimes. Les résultats sont sans appel : pour 86 % des répondants, les bouchons sont devenus la règle, et non l'exception. 36 % sont bloqués tous les jours, et 50 % plusieurs fois par semaine. Le stress est élevé pour 71 % des usagers, qui évaluent leur niveau à 4 ou 5 sur 5.

Un axe stratégique sous pression

Construite à partir de 1956 pour désenclaver la région, l'A8 est aujourd'hui un axe structurant du quotidien azuréen. Elle absorbe les trajets domicile-travail, les flux économiques, les mobilités touristiques et les échanges avec Monaco et l'Italie. Selon Escota, filiale de Vinci Autoroutes, près de 150 000 véhicules empruntent chaque jour l'autoroute au niveau de l'entrée ouest de Nice, un trafic comparable aux grands chassés-croisés estivaux de la vallée du Rhône, mais devenu la norme quotidienne.

Cette intensité laisse peu de marge. Le réseau secondaire ne peut absorber les reports de trafic en cas d'incident. Le moindre accident, une panne, des intempéries ou des travaux suffisent à provoquer un blocage généralisé. Les équipes d'Escota réalisent 81 000 interventions par an, dont 35 000 dépannages.

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Des usagers exaspérés

Parmi les 444 répondants au profil type (63 % d'hommes, 40 % âgés de 45 à 60 ans), 51 % prennent l'A8 pour se rendre au travail, 22 % pour des déplacements professionnels. 91 % utilisent l'autoroute au moins plusieurs fois par semaine. Le temps perdu est considérable : 52 % perdent entre 15 et 30 minutes par jour, 22 % 45 minutes, 9 % une heure et 8 % plus d'une heure. Près de quatre répondants sur dix perdent au moins 45 minutes chaque jour.

Les points noirs les plus cités sont le secteur Nice Ouest – Villeneuve-Loubet, Antibes et le contournement de Nice. 82 % des usagers roulent seuls, 11 % pratiquent le covoiturage. 71 % estiment ne pas être suffisamment informés de l'état du trafic avant de s'engager sur l'autoroute.

Vinci Autoroutes cherche des solutions

Bertrand Wipf-Scheibel, directeur de la communication d'Escota-Vinci Autoroutes, reconnaît que « nous avons tous conscience de ce que cela représente dans la vie des usagers ». Selon le concessionnaire, les difficultés actuelles ne sont pas uniquement liées à une augmentation continue du trafic, mais aussi à la multiplication des événements perturbateurs (accidents, pannes, chantiers, intempéries, comportements dangereux) sur un axe déjà utilisé à sa capacité maximale aux heures de pointe.

La croissance démographique du département, son attractivité économique, les déplacements quotidiens entre l'ouest des Alpes-Maritimes, Nice et Monaco, ainsi qu'une fréquentation touristique exceptionnelle une grande partie de l'année accentuent cette fragilité. L'autoroute est aujourd'hui victime de son rôle stratégique, mettant parfois au ralenti toute une économie et bouleversant le quotidien de milliers d'habitants.

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