Touristes sur la Côte d'Azur : comment gérer son budget resto
Touristes sur la Côte d'Azur : gérer son budget resto

Nice, 12 h 30, fin juillet 2026. Sous les stores des restaurants du Cours Saleya, le service du déjeuner anime les terrasses. Et il y a de la place. Les touristes français présents dans la cité azuréenne prennent le temps de comparer avant de s'installer, tandis qu'épiceries et snacks du Vieux-Nice attirent du monde. Est-ce pour eux que les clients délaissent les restaurants ?

Un déjeuner plafonné à 70 euros

Mathilde et son compagnon, trentenaires venus de la région parisienne, font partie de ceux qui ne choisissent pas à la légère. « On fait un petit tour, on compare les offres », explique-t-elle. Leurs critères ? « Une carte sympa et des prix qui n'assassinent pas. On est aussi sensibles au fait de ne pas être trop collés aux autres clients. On cherche un peu d'intimité. » Pour eux, un déjeuner ne doit pas dépasser les 70 euros, café inclus.

Les étudiants rognent sur les repas pour sortir le soir

Téo et ses amis, croisés rue de la Préfecture devant une épicerie, adoptent une stratégie radicalement différente. Ces étudiants, venus d'Avignon en train, ont déjà budgété leur location AirBnb et leur transport. Alors, tous les cinq, ils ont fixé des priorités. « Quand on fait les courses, on prend les produits les moins coûteux. On se fait des pâtes, des frites… En fait on économise sur les repas pour sortir le soir », résume Téo.

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Le restaurant est donc rayé du programme. « On se fera une pizza sûrement, peut-être des tacos. » Leur choix illustre un report de la consommation vers le hors-restaurant.

Snacks et boulangeries pris d'assaut

À quelques mètres d'eux, une longue file s'étale devant des focaccias. Les files d'attente ne se font plus devant les terrasses, mais à côté des kiosques de street food. Prises d'assaut, les boulangeries du Vieux-Nice affichent leurs formules salade-sandwich et dessert. Certaines offrent même la boisson.

Sébastien et sa famille, venus du bassin lyonnais, ont opté pour un pan-bagnat, consommé à l'ombre. « À quatre avec les boissons, ça donne quelque chose comme 45 euros. Au restaurant, on peut rapidement viser le quadruple en prenant du vin », calcule-t-il. L'expérience parle : « On ne peut pas faire ça tous les jours. Chez nous on ne va pas au restaurant souvent, en vacances c'est pareil. »

Son épouse Sophie relève néanmoins des prix jugés difficiles à comprendre : « Il y a des salades à trente euros ici… » Mais les enfants ne regrettent rien, heureux de retrouver la plage une fois leur dernière bouchée engloutie.

Des plats du jour à 16 euros

Nadine, retraitée de la fonction publique, a cherché pour son groupe, venu des « quatre coins de la France », des adresses au bon rapport qualité-prix dans la capitale azuréenne. Selon elle, « on peut trouver des plats du jour très corrects autour de 16 euros ». Et de souligner la diversité de l'offre : « Il y a du choix malgré tout ! On doit aller à Menton cette semaine, je vais regarder les avis Google. Mais c'est vrai qu'il faut prendre le temps. Ça permet de lire les commentaires aussi. »

Ce soin apporté à la sélection change en profondeur leur relation à la restauration. « On fait peut-être plus attention à ne pas être déçu en choisissant un restaurant. Oui, c'est surtout ça qui change », ajoute la retraitée.

Entre renoncement aux terrasses, choix de formules à emporter et comparaison systématique des cartes, les touristes français de la Côte d'Azur arbitrent chaque repas pour concilier vacances et budget. Les restaurateurs, eux, voient les additions se réduire et les places se libérer, tandis que les kiosques de street food et les boulangeries captent une part croissante de cette clientèle.

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