Depuis trois ans, Julien Barbagallo, moniteur d'apnée résidant à Cap-d'Ail, propose une activité inédite sur la Côte d'Azur : le « Free Underflying ». Équipés d'un scooter sous-marin électrique fixé aux cuisses, les participants se déplacent en apesanteur, dans une sensation comparable à un vol sous-marin. L'activité, tarifée à 100 euros par session, attire principalement des familles et des touristes de passage.
Un concept né d'une sensation
L'idée est née en 2019, alors que Julien Barbagallo participait à la sécurité d'une compétition internationale d'apnée en Afrique. À l'époque, il utilisait de gros scooters sous-marins. « Je me suis dit que c'était vraiment chouette comme sensation et que j'aimerais bien monter une activité avec », explique-t-il. Les modèles plus compacts utilisés aujourd'hui sont ensuite apparus sur le marché, plus accessibles et plus faciles à prendre en main pour un public non familier de la plongée.
Le principe est simple : deux scooters sont installés sur les cuisses et synchronisés via une télécommande. En jouant avec son corps, l'utilisateur modifie sa trajectoire et se déplace sous l'eau sans tenir d'appareil dans les mains. « Ça me pousse plutôt que me tracter », résume Julien Barbagallo. Cette configuration libère les mains, facilitant les mouvements pour compenser la pression lors de la descente.
Des sensations qui surprennent petits et grands
Émilie, 35 ans, participante du jour, ne cache pas son enthousiasme : « J'ai adoré cette sensation, c'était vraiment génial. C'est très relaxant, on peut profiter du paysage, des poissons et des fonds marins, sans même se rendre compte qu'on est en apnée. » Elle insiste sur la liberté des mains libres : « C'est beaucoup plus naturel pour s'orienter. J'avais l'impression d'un mélange entre la Petite Sirène et RoboCop. » Avec quatre vitesses disponibles, elle conclut : « Je le referai sans hésiter. »
Gabriel, 14 ans, avait déjà testé des scooters sous-marins, mais découvre ici une sensation différente : « C'est très fluide dans la manière dont on peut bouger. On n'a pas l'impression d'être poussé, plutôt de glisser naturellement dans l'eau. Je pensais savoir à quoi m'attendre en termes de vitesse, mais c'est complètement différent. »
Contrairement à ce qu'il imaginait, Julien Barbagallo n'a pas attiré une clientèle de plongeurs. « Je m'attendais à un public plutôt sportif, issu de la plongée, et en réalité pas du tout : ce sont des familles qui viennent pour partager un moment », observe-t-il. Ses clients sont majoritairement des touristes de passage, captés via des plateformes comme Airbnb Experiences ou GetYourGuide. « Sur GetYourGuide, c'est carrément traduit par "Iron Man sous l'eau" », plaisante-t-il.
Un tarif plus élevé qu'une activité traditionnelle
Comptez 75 euros pour une randonnée classique en scooter sous-marin et 100 euros pour une session de Free Underflying, un tarif plus élevé que la concurrence locale, positionnée entre 50 et 60 euros. « Un appareil comme celui-ci coûte environ 1 000 euros, donc avec le modèle double moteur, on monte à environ 2 500 euros », justifie-t-il. Les activités sont proposées en petits groupes, jusqu'à six personnes selon la formule, et jusqu'à quatre pour le Free Underflying. Les sorties durent généralement entre 45 minutes et une heure.
Des modèles équipés différemment permettent d'accompagner des enfants dès 8 ans ou des personnes moins à l'aise dans l'eau. Côté fréquentation, l'activité a attiré « une cinquantaine de personnes » depuis l'an dernier, contre « plus de 500 » pour les randonnées classiques en scooter sous-marin sur la même période.
Vers un usage éducatif et adapté au handicap
Avec des structures locales, Julien Barbagallo développe des activités d'exploration de l'océan destinées aux enfants. Le programme « Explore Océan » doit permettre de partir à la découverte du milieu marin via plusieurs missions : recenser des poissons, identifier des habitats, collecter des déchets ou observer du plancton au microscope. Il collabore aussi régulièrement avec la Fondation Princesse Charlène de Monaco.
Le projet qui lui tient particulièrement à cœur concerne les personnes en situation de handicap. L'objectif est d'adapter progressivement les équipements pour permettre à des personnes ayant perdu une partie de leur mobilité de retrouver une activité dans l'eau. « Une fois qu'on est dans l'eau, il y a moins de problèmes », estime-t-il. Le défi est surtout de rendre les utilisateurs suffisamment autonomes pour se déplacer, se retourner ou se mettre en sécurité sans dépendre constamment d'un accompagnateur. Une première expérimentation avec un système tenu à la main pourrait voir le jour dès cet hiver, notamment en piscine.
Pour l'heure, c'est dans les eaux de Cap-d'Ail que Julien Barbagallo continue de développer son concept, avec l'ambition de faire du scooter sous-marin autre chose qu'un simple gadget.



