Comment l'Aveyron devient une destination rurale prisée via les réseaux sociaux
Aveyron : le buzz des réseaux sociaux pour attirer les touristes

Les réseaux sociaux sont devenus un véritable outil d’attractivité pour l’Aveyron, qui compte bien suivre la tendance. Selon une étude de l’organisme Hopscotch tourisme France, 88 % des voyageurs français s’inspirent du #Travel sur les réseaux sociaux pour choisir leur destination. L’office du tourisme Bastides et gorges de l’Aveyron, dans l’ouest du département, a décidé de s’emparer de cette tendance pour repenser sa stratégie de communication.

Une politique dédiée aux réseaux sociaux

Depuis trois ans, l’office du tourisme mène une politique dédiée au développement de la marque sur les réseaux sociaux, explique Gwenaëlle Lehmann, sa directrice. Ce territoire regroupe l’ensemble du secteur villefranchois, avec en tête de gondole Villeneuve, Najac et Villefranche-de-Rouergue, sans oublier les communes environnantes. Aujourd’hui, sur un panel de 7 000 Français, la moitié connaît la destination, ce qui place l’Aveyron dans le top 8 des destinations rurales et le top 4 en termes d’attractivité.

Trois leviers pour une stratégie gagnante

Pour y parvenir, la structure a appuyé sur trois leviers : le site internet, la presse spécialisée et les réseaux sociaux. L’impact des réseaux est immédiat : un restaurateur a constaté une augmentation de la fréquentation après la visite d’un créateur de contenu dans son établissement. Les réseaux sociaux, en particulier Instagram et TikTok où dominent les formats verticaux, offrent une visibilité considérable.

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Un budget spécifique pour les influenceurs

Un budget spécifique est consacré à l’accueil de ces créateurs de contenu. Sur les trois dernières années, 160 retombées (émissions, blogs, posts) ont été recensées pour un investissement de 90 000 euros. Pour le même impact, cela aurait coûté près de 3 millions d’euros en publicité classique, souligne la directrice.

Blog trip en juin

Cette année, quatre influenceurs ont visité le territoire. Un blog trip a été organisé en juin : pendant trois jours, ils ont découvert des lieux patrimoniaux comme l’abbaye de Loc-Dieu, participé à des activités comme l’ULM, et goûté à la gastronomie locale. Parmi eux, des comptes comme Le Voyageur français (127 000 abonnés sur Instagram) ou Esprit Globe Trotteuse (27 000 abonnés) ont partagé leur séjour en images, générant des centaines de commentaires. Pour cette expérience, l’office est passé par une agence, mais pour Trotteurs Addict, la venue était sur facture, avec l’engagement d’un nombre de stories et d’un article sur leur blog.

Ces influenceurs partagent leur expérience avec leur communauté et donnent de la visibilité aux lieux visités. L’office prend en charge l’hébergement, en partenariat avec les Fleurines notamment, ainsi que les transports et la nourriture. L’équipe doit aussi s’adapter aux exigences des communautés : par exemple, une démonstration avec une buse n’a pas pu être réalisée car la créatrice de contenu a expliqué que sa communauté ne l’accepterait pas. L’office s’adapte et propose autre chose.

Les locaux, premiers influenceurs

L’intérêt de la venue de ces créateurs de contenu réside dans le public touché : un couple de blogueurs avec des enfants est suivi par une communauté similaire, des niches très impliquées. L’office reçoit des retours d’influenceurs montrant des captures d’écran de personnes disant « on a réservé ! ». Mais outre ces professionnels, l’office mise aussi sur son travail en interne. Une veille est effectuée pour aller chercher les créateurs de contenu, mais l’équipe réalise également ses propres vidéos. Le plus grand succès, avec la Chartreuse et un clin d’œil à Harry Potter, a atteint 420 000 vues. Cette année, le buzz, c’est le trompe-l’œil de Steph Berg, qui a dépassé les 100 000 vues.

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Ces courtes vidéos virales apportent une visibilité non négligeable. L’utilisateur ordinaire peut aussi contribuer à cet élan collectif : parfois, l’office est démarché par des personnes dont ce n’est pas le métier mais qui ont une communauté, et il accepte au cas par cas. Autre vecteur d’attractivité : la population locale. En Bretagne, les locaux sont très fiers et partagent leurs lieux favoris, ce qui crée une émulation. Mis bout à bout, ces ambassadeurs peuvent rendre une destination très prisée des voyageurs.